En 1891, une cachette a été trouvée juste à côté du temple d’Hatchepsout à Deir el Bahari. Le nom Bab el Gasus fut dérivé de « Bab al-Kaswesa » qui signifie littéralement la Porte des Prêtes. Dans le dialecte de la Haute-Égypte, la lettre K se lit G et c’est d’où vient ce nom.

Cette cachette jette la lumière sur l’histoire et la société de la troisième période intermédiaire en Égypte, un site ou sont inhumés plus de 150 membres de l’élite thébaine. Il s’agit d’une grande tombe collective abritant plusieurs centaines de cercueils ainsi qu’une grande quantité d’objets rituels du clergé d’Amon de la fin de la 21ème dynastie. Les momies des prêtres et prêtresses sont inhumées initialement dans des tombes individuelles ainsi que leur mobilier funéraire. Les archéologues disaient que la cachette renfermait presque 4000 objets issus de la cache, disséminés dans 90 musées à travers le monde. Citant par exemple 153 cercueils, dont 101 doubles et 52 simples, 110 coffrets à serviteurs funéraires, 77 statuettes d’Osiris en bois, en majeure partie creuses et renfermant un papyrus,8 stèles en bois,2 grandes statues en bois (Isis et Nephthys),1 bois de lit,10 paniers en roseau,5 paniers ronds en jonc tressés, et 2 éventails.
La plupart des momies se rattachent à la famille des grands-prêtres d’Amon, qui par moments furent rois à Thèbes sous la XXIe dynastie et dont les membres principaux étaient cachés dans le premier souterrain de Deir-el-Bahari. Elles appartenaient également aux familles sacerdotales, alliées de la famille des grands-prêtres et qui exerçaient héréditairement leurs fonctions dans le temple de Karnak.
D’ailleurs, la majorité des individus inhumés sont des hommes possédant des titres plus variés que ceux des femmes, dans le clergé d’Amon mais pas uniquement. En effet, Bab el-Gasous comportait un grand nombre de prêtres, mais aussi plusieurs administrateurs et scribes, quelques militaires et artisans qui travaillaient, pour la plupart, pour le compte du domaine d’Amon.
De même, la majorité de ces élites thébaines ont été enterrées dans cette cachette avec un équipement funéraire généralement composé d’un ensemble de cercueils à fond jaune souvent doubles, de deux papyrus funéraires, d’une troupe de serviteurs funéraires rangés dans deux coffrets, d’une statuette creuse d’Osiris en bois, etc.
En effet, la cachette comprend quelques tombes appartenant aux « chanteuses d’Amon qui sont bien représentées dans la cachette de Bab el-Gasous. Ce titre était très courant à la 21ème dynastie. Il correspond à un niveau hiérarchique supérieur dans le clergé. L’étude des « chanteuses d’Amon » inhumées à Bab el-Gasous permet de s’intéresser à une problématique de genre, à la situation des femmes dans cette tombe, et devrait nous aider à préciser leur identité, leur position sociale, ainsi que leur rôle dans le clergé, à cette période.
Il faut différencier entre cette cachette et la première trouvée à côté de Deir al-Bahari à Louxor. Celle-là contient une extraordinaire collection de momies et d’équipement funéraires d’une cinquantaine de pharaon de la famille royale datant de la 21ème dynastie.
Sa découverte par des locaux en 1871, puis par des égyptologues en 1881, a beaucoup aidé les égyptologues à mieux comprendre quelques secrets de la civilisation égyptienne.
Rappelant qu’en 2021, les momies ont été déplacées dans leurs nouveaux emplacements au musée national de la civilisation égyptienne, et ce à la suite de la fameuse parade dorée des pharaons qui a eu lieu en 2021.