Il semble que la baie Aboukir n’a pas encore révélé tous ses trésors cachés ! Elle ne cesse de nous surprendre comme d’habitude.La mission archéologique franco-égyptienne conjointe, dépendant de l’Institut Européen d’Archéologie Sous-Marine avec la coopération du Conseil suprême des antiquités, a révélé un temple dédié à la déesse Aphrodite datant du 5ème siècle avant J.C. De même, la mission a trouvé nombre d’artefacts appartenant au temple d’Amon Grip toujours dans la même baie.

Le Secrétaire général du Conseil suprême des antiquités, Dr Moustafa Waziri, a annoncé que la mission archéologique franco-égyptienne conjointe a trouvé un trésor sous-marin dans la baie d’Aboukir. Un temple dédié à Aphrodite, déesse de l’amour chez les Grecs ainsi que des artefacts en bronze et en céramique importés de Grèce à l’intérieur du temple. L’équipe a également découvert des vestiges de structures soutenues par des poutres en bois, datant du cinquième siècle avant J.C.
D’ailleurs, le directeur de l’Institut Européen d’Archéologie Sous-Marine (IEASM),Frank Goddio, a signalé que l’équipe de chercheurs a également découvert dans le temple occidental d’Amon, la zone utilisée comme dépôt où étaient entreposés les offrandes, les vœux et les objets précieux. Il s’agit d’une collection de bijoux en or, dont des boucles d’oreilles en forme de lion, un pendentif en forme d’Ouadjet et des récipients en albâtre utilisés pour les parfums et les onguents cosmétiques. La mission a également mis au jour un ensemble de plats rituels en argent utilisés dans les rituels religieux et funéraires, une poignée votive en calcaire et une cruche en bronze sous la forme de canard. Selon l’IEASM, ces objets témoignent de la richesse de ce sanctuaire et de la piété des anciens habitants de la ville portuaire.


«C’est extrêmement émouvant de découvrir des objets aussi délicats, qui ont survécu intacts malgré la violence et l’ampleur du cataclysme», a déclaré Franck Goddio, directeur de l’IEASM et responsable des fouilles. Les découvertes ont été rendues possibles grâce à de nouvelles technologies de prospection géophysique capables de détecter des cavités et des objets sous des couches d’argiles de plusieurs mètres d’épaisseur.
«Cela illustre que les Grecs qui étaient autorisés à faire du commerce et à s’installer dans la ville à l’époque des pharaons de la dynastie saïte (664 – 525 avant JC) avaient leurs sanctuaires pour leurs propres dieux», a déclaré l’institut.
Ainsi ces découvertes fournissent des informations précieuses sur le fonctionnement du temple et sur la façon dont il a été construit. Ces découvertes fournissent également des indications précieuses sur l’importance historique et culturelle de la ville engloutie et mettent en lumière les pratiques cultuelles et les relations commerciales de l’époque.


Selon le directeur général du département des antiquités englouties, Dr Islam Selim a indiqué que la ville engloutie de Thônis-Héracléion est située à environ 7 kilomètres de la côte d’Aboukir. Elle était autrefois le plus grand port d’Égypte le long de la côte méditerranéenne, avant la fondation d’Alexandrie par Alexandre le Grand en 331 av. J.-C. Des tremblements de terre ultérieurs ont fait sombrer la ville sous la mer.
La redécouverte de la cité Thônis-Héracléion
La cité Thônis-Héracléion est une ancienne cité, située près d’Aboukir, au nord-est d’Alexandrie. Elle fut découverte en 2000, lors des travaux de fouilles faits par la mission archéologique française dépendant de l’Institut européen d’archéologie sous-marine (IEASM), en collaboration avec le Conseil suprême des Antiquités (CSA). Cette ville fut découverte conjointement avec la ville Canope. Celle-ci est une ancienne cité où se trouvait le temple de Sérapis, le dieu guérisseur et des morts, équivalent de ptolémaïque d’Osiris. Canope est la ville voisine, engloutie dans la baie, découverte lors des fouilles archéologiques sous-marines menées par le président de la mission Franck Goddio.

L’Institut Européen d’Archéologie Sous-Marine
Fondé en 1987 par Franck Goddio, l’Institut l’Institut Européen d’Archéologie Sous-Marine (IEASM), est une association loi 1901. Sa mission est de rechercher des sites archéologiques d’importance historique et d’en assurer la fouille. L’Institut participe à la restauration du mobilier découvert. Il veille à la présentation des fouilles et des études par la publication de monographies et d’articles scientifiques. Il est néanmoins soucieux de divulguer à un large public les résultats des recherches grâce à la publication de livres et d’article de presse, la présentation de films et l’organisation d’expositions. L’IEASM fait appel, selon ses missions, à des spécialistes dans les domaines de l’archéologie, l’histoire, la conservation, la restauration, la géophysique, la géologie et les technologies de pointe, selon le site de l’Institut.
D’ailleurs, Franck Goddio est le président fondateur de l’Institut Européen d’Archéologie Sous-Marine (IEASM) et de la Far Eastern Foundation for Nautical Archaeology (FEFNA) aux Philippines. Il est également le co-fondateur de l’Oxford Centre for Maritime Archaeology (OCMA). Récemment, il a été nommé Senior Visiting Lecturer de l’école d’Archéologie de l’Université d’Oxford.
En Égypte, il dirige, en collaboration avec le Conseil Suprême des Antiquités, les prospections et les fouilles sous-marines dans le Portus Magnus d’Alexandrie, inventant de nouvelles méthodes de travail adaptées à une zone fortement polluée et soumise à d’intenses sédimentations naturelles. En 1996, les recherches aboutissent à la cartographie détaillée du port oriental de la cité et de ses abords aux époques ptolémaïque et romaine. Les travaux en cours visent à étudier la structure des installations qui s’élevaient jadis près des palais ou des bâtiments de la côte et à mettre en perspective les phénomènes naturels qui ont conduit à la destruction du site.
Selon une démarche scientifique identique, Franck Goddio lance la même année un vaste projet de prospection géophysique dont les objectifs sont de cartographier l’ancienne région canopique désormais submergée, située à une trentaine de kilomètres au nord-est d’Alexandrie. Les résultats permettent de déterminer les contours de la région, la position du lit de l’ancienne branche occidentale du Nil, l’emplacement et la topographie des principaux gisements archéologiques datant de la Basse Époque pharaonique à l’époque islamique. Les villes de Canope Est et de Thônis-Héracléion, découvertes respectivement en 1997 et 2000, sont en cours de fouilles sous sa direction.
