La Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques (COP) a été tenue dans sa 28e édition à Dubaï (Emirats Arabes Unis) pour discuter du bilan mondial de l’Accord de Paris, voir ce qui a été réalisé, et établir une feuille de route sur ce qui va suivre. Sans dire que la page des combustibles fossiles a été tournée, la COP28 a marqué le début de la fin, en constituant une bouée de sauvetage pour l’action climatique. Et après des nuits blanches et de longues discussions, les EAU ont réussi à arracher un accord historique et surprise prévoyant la transition hors des énergies fossiles pour atteindre la neutralité carbone en 2050. Analyse approfondie et vue d’ensemble.
Dossier spécial préparé par Mohamed El-Sayed El-Azzawy, Bassam Abdel Samie
et l’équipe du Progrès Egyptien

Une nouvelle ère mondiale de neutralité climatique 2050
“Restaurer l’opportunité… le moment historique… rectifier le cap… un bond mondial face aux défis climatiques”, des qualificatifs et des objectifs qui ont été donnés à la COP28, qui a réussi à obtenir à l’unanimité, l’accord sur l’abandon progressif des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz). “Toutes les initiatives annoncées à Dubaï feront l’objet d’une analyse approfondie… Il s’agit d’une bouée de sauvetage pour l’action climatique, et non d’une ligne d’arrivée”, a souligné Simon Stiell, le secrétaire exécutif d’ONU-Climat. Cela est une réponse à l’objectif mondial visant à éviter que le réchauffement climatique ne dépasse 1,5 degré°C d’ici 2050. Les ministres et hauts responsables des gouvernements de 197 pays, en plus de l’Union européenne, ont ratifié l’accord sur ce que les scientifiques ont rapporté : “Limiter le réchauffement climatique à 1,5° maximum, ne sera possible sans l’élimination progressive de tous les combustibles fossiles dans un délai compatible avec cette limite.
Les changements climatiques entraînent de graves sécheresses, une pénurie d’eau, des incendies extrêmes, une élévation du niveau de la mer, des inondations, la fonte des glaces polaires, des tempêtes catastrophiques et un déclin de la biodiversité. Certaines personnes sont plus vulnérables aux impacts climatiques, ce qui a poussé des communautés entières à se déplacer vers d’autres endroits dans un nouveau phénomène appelé “Les réfugiés à cause du climat”. D’après les rapports mondiaux des experts et scientifiques, on s’attend à ce que les années à venir soient témoins d’une augmentation du nombre desdits réfugiés- si les mesures visant à limiter le réchauffement climatique n’étaient pas accélérées- puisque les périodes de sécheresse prolongées ont poussé de nombreuses communautés vers le risque de famine, souligne-t-on dans un rapport publié par le site “Ozone”, spécialisé dans le journalisme environnemental et climatique, sur le site : https://ozoneeg.net/2023/11/12/.
On prévoit donc que le nombre des réfugiés à cause du climat s’élève à un milliard de personnes d’ici 2050, dont 50% d’entre eux seraient peut-être des Africains, bien que le taux de l’Afrique au niveau des émanations ne dépasse par les 4%. Toutefois, la situation demeure déplorable et alarmante.

Un accord à la hauteur des ambitions
Les travaux de la COP28 qui devaient clôturer le 12 décembre en cours, ont été prolongés d’un jour, au cours duquel un accord (l’accord de mercredi) a été obtenu. Un accord qui est à la hauteur des ambitions.
Après des suspens, des compromis heurtés à des écueils, des hauts et des bas et des rebondissements, les Emirats Arabes Uni avec leur présidence de la COP28, ont réussi à obtenir cet accord de bilan final comprenant 16 clauses réparties sur 21 pages, selon le site : (https://unfccc.int/documents/636608).
Un texte d’accord qui est peut-être imparfait ou incomplet, mais qui marque un début et plusieurs avancées pour le climat, avec notamment cette remarque sur la réduction de l’usage des fossiles.
L’agence “Associated Press” a commenté cet accord en soulignant: “Pour tous les mots écrits, prononcés ou diffusés à propos de la COP28, en fait, 34 mots ont été réduits à une phrase pleine de phrases intercalées, mais qui est concise et résumant l’essentiel: “La transition vers l’abandon des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques, dans un cadre équitable, de manière ordonnée et équitable, et en accélérant le travail dans le domaine de l’énergie, pour atteindre le zéro net d’ici 2050, conformément à ce que dicte la science”.
L’accord appelle également à accélérer les efforts mondiaux pour établir des systèmes énergétiques sans émissions et l’utilisation de carburants sans carbone et à faible teneur en carbone d’ici 2050. Ceci dit, une accélération de l’utilisation des technologies modernes est requise pour arrêter et réduire les émissions, y compris les technologies d’énergies renouvelables, l’énergie nucléaire et les technologies de réduction et d’élimination du carbone.
L’accord stipule également que les émissions autres que le dioxyde de carbone, y compris en particulier les émissions de méthane, seront considérablement réduites à l’échelle mondiale d’ici 2030. Le rythme de réduction des émissions du transport routier sera accéléré par diverses voies, notamment le développement et le déploiement des infrastructures, et via les véhicules rapides sans émissions.
Les observateurs ont considéré la COP28 comme étant l’édition la plus inclusive des Conférences des Parties depuis le lancement de sa première édition à Berlin en 1995, car tous les groupes et opinions ont participé à la prise de décision lors de la Conférence.
À l’issue de la COP28, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a félicité le gouvernement des Emirats Arabes Unis pour avoir accueilli la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (COP28), exprimant sa satisfaction des résultats de la Conférence.
Priorités de la présidence émiratie de la COP28
- Rendre la conférence plus inclusive et accessible.
- Appuyer les solutions d’atténuation pour augmenter les ambitions.
- Se concentrer sur les conditions du Global Goal on Adaptation et améliorer le financement de l’adaptation.
- Progresser sur l’opérationnalisation du fonds pour les pertes et dommages créé à la COP27.
- Assurer un accès plus équitable aux financements climat.
Pourquoi le monde se rend-il à la COP ?
Les données contenues dans divers rapports internationaux révèlent les dommages graves et dangereux causés par le changement climatique qui menacent la continuation de la vie sur la planète Terre. Le rapport de l’Organisation mondiale de la santé publié sous le titre « Santé et climat », disponible sur https://www.who.int/ar/news-room/fact-sheets/detail/climate-change-and-health a révélé que des recherches montrent que 3,6 milliards de personnes vivent déjà dans des zones très vulnérables au changement climatique. Dans la période de 2030 à 2050.
Le changement climatique devrait causer environ 250 000 décès supplémentaires chaque année, dus uniquement à la dénutrition, au paludisme, à la diarrhée et au stress thermique. Le rapport ajoute que les coûts directs des dommages à la santé – sans compter les coûts dans des secteurs spécifiques à la santé tels que l’agriculture, l’eau et l’assainissement – sont estimés entre 2 et 4 milliards de dollars par an d’ici 2030. Les données de l’organisation indiquent que 2 milliards de personnes n’ont pas accès à l’eau potable et que 600 millions de personnes souffrent chaque année de maladies d’origine alimentaire, et que le pourcentage d’enfants de moins de cinq ans qui meurent de maladies d’origine alimentaire est de 30 %, car les pressions climatiques augmentent les risques de maladies d’origine hydrique et alimentaire.
Le rapport sur la santé dans le monde indique que plus de 930 millions de personnes, soit environ 12 % de la population mondiale, dépensent au moins 10 % de leur budget familial pour couvrir les coûts des soins de santé et comme la plupart des personnes les plus pauvres ne bénéficient pas d’une assurance médicale, ni de soins de santé, les pressions commencent déjà à avoir un impact: près de 100 millions de personnes sombrent dans la pauvreté chaque année, et cette tendance s’aggrave. Il a conclu en disant : « Le changement climatique contribue directement aux urgences humanitaires causées par les vagues de chaleur, les incendies de forêt, les inondations, les tempêtes tropicales et les ouragans, dont l’ampleur, la fréquence et l’intensité augmentent. »
Les EAU et la “COP28”
À leur tour, en accueillant la « COP28 », les Émirats Arabes Unis (EAU) ont établi leur position d’acteur majeur dans la construction d’un avenir plus durable, en plus de leurs efforts inlassables et de leurs efforts continus pour atteindre la neutralité climatique, réduire les émissions de gaz à effet de serre et évoluer vers un environnement durable, une économie bas carbone, grâce à sa démarche volontariste en matière de développement durable et d’investissement dans les énergies propres et renouvelables. “Avec un signal sans précédent d’abandon de tous les combustibles fossiles, l’accord des Émirats Arabes Unis réalise un changement de paradigme qui a le potentiel de redéfinir nos économies”, a déclaré Sultan Al Jaber, président de la COP28, sur les réseaux sociaux à l’issue de la conférence.
Il a ajouté : « Nous avons présenté un plan d’action solide pour préserver la possibilité d’éviter d’atteindre l’objectif de 1,5 degré Celsius, basé sur des faits scientifiques. Ce plan d’action est équilibré, contribue à réduire les émissions, à combler les lacunes en matière d’adaptation, à développer et reformuler les mécanismes mondiaux de financement du climat, et répondre aux exigences de la gestion des pertes et des dommages.
Chiffres marquants
Lundi 11 décembre, la COP28 a officiellement annoncé que l’Azerbaïdjan accueillerait la prochaine conférence sur le climat « COP29 » du 11 au 22 novembre 2024, tandis que le Brésil accueillerait la COP30 en novembre 2025.
Au cours de leur présidence de la Conférence des Parties (COP28), les Émirats Arabes Unis ont démontré leur capacité à diriger le monde vers la réalisation des objectifs climatiques et de développement, en réunissant environ 180 pays et 500 000 participants, dont plus de 97 000 dans la zone bleue et 400 000 personnes en zone verte, dont des ministres et des représentants d’organisations non gouvernementales, du secteur privé, des peuples autochtones et des jeunes, pour anticiper l’avenir de l’humanité, vivre sur une planète propre où les émissions de carbone diminuent, atteindre la température de la Terre à 1,5°C.

Un grand pas sur la bonne voie
Feux de forêt, villes étouffantes de chaleur, terres agricoles desséchées, côtes dévastées par les tempêtes… Partout dans le monde, la crise climatique pèse de plus en plus lourdement sur les vies et les moyens de subsistance. Les pays participant à la conférence mondiale sur le climat (COP28) ont approuvé, le 13 décembre 2023 à Dubaï, un texte de compromis appelant à abandonner progressivement les combustibles fossiles. Chronique.
Des promesses à l’action
Fonds de réponse aux « pertes et préjudices »
Lancement d’un fonds de réponse aux « pertes et préjudices » causés par le changement climatique pour les pays les plus vulnérables. Ce fonds de seulement 792 millions de dollars permettra d’aider les pays en développement à faire face aux impacts du changement climatique qui ne peuvent être évités. Toutefois, ces mêmes pays ont été déçus par le manque de moyens et de nouveaux engagements financiers pour la transition énergétique. La France y contribuera à hauteur de 100 millions d’euros. Dans ce même sens, un fonds d’adaptation de 134 million de dollars a été fondé.
Le changement climatique et la santé
Les pays réunis à la 28e conférence de l’ONU sur le changement climatique à Dubaï ont mis les projecteurs dimanche dernier sur le lien entre crise climatique et santé, avec notamment le problème de pollution de l’air qui, selon l’OMS, tue 7 millions de personne dans le monde chaque année.
Un fonds géant pour le climat
C’est l’une des grandes annonces de la COP28 : les Emirats Arabes Unis ont lancé un fonds de 30 milliards de dollars pour le climat. Colossale pour un seul pays, cette enveloppe a été globalement bien accueillie, tant les besoins de la finance climat sont immenses. Mais cette stratégie sert aussi les intérêts du pays… Avec le risque de faire passer en arrière-plan la question de la sortie des énergies fossiles.
L’agriculture à la table des négociations
Pour la première fois, l’alimentation et l’agriculture sont mentionnées dans l’accord final de la COP et une journée thématique a été organisée à Dubaï. Si les énergies fossiles sont responsables de la grande majorité des émissions de gaz à effet de serre, les systèmes alimentaires contribuent quant à eux à un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre. En marge des négociations, 158 pays ont signé la Déclaration alimentaire des Émirats et se sont engagés à prendre en compte les émissions de ce secteur dans leurs contributions nationales déterminées d’ici la COP30 au Brésil en 2025. Plus de 3 milliards de dollars de financement climatique ont également été promis et la FAO (Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture) a publié pendant la COP sa feuille de route pour aligner le secteur sur l’objectif 1,5°C. Un premier exercice salué mais appelé à évoluer, car il ne mentionne pas par exemple parmi les solutions, la réduction de la consommation de viande et de produits laitiers dans les pays riches notamment et mise beaucoup sur des solutions technologiques.
La marche mondiale
Juin 1992. Sommet de la terre à Rio de Janeiro (Brésil). Adoption de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique (CCNUCC) qui reconnaît l’existence des changements climatiques et la responsabilité humaine dans ce phénomène.
Décembre 1997, COP3 : Adoption du Protocole de Kyoto
Pour la première fois, 37 pays développés et en transition s’engagent pour atteindre une réduction globale des émissions de 5,2% entre 2008 et 2012 par rapport à 1990.
2002, la France ratifie le Protocole de Kyoto.
2005, classée année la plus chaude.
2007, publication du 4e rapport du GIEC.
Ce 4e rapport d’une série commencée en 1990 fait le bilan de six années de travaux menés par 2500 scientifiques.
Octobre 2007, le prix Nobel de la paix est attribué à l’ancien vice-président américain Al Gore et au GIEC.
3-14 décembre 2007 (COP13, Bali), adoption du plan d’action de Bali
Le Plan d’action de Bali constitue la décision qui a ouvert officiellement les négociations post-2012, en vue de l’adoption d’un nouvel accord international d’ici fin 2009 pour donner une suite à la première période d’engagement du Protocole de Kyoto.
12 décembre 2008 : Adoption du « paquet énergie climat » par le Conseil européen.
18 décembre 2009 : Signature de l’Accord de Copenhague au niveau des Chefs d’État lors de la COP15.
Novembre 2010 : Publication du premier rapport “Emissions Gap Report” par le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).
10 décembre 2010 : Signature des accords de Cancún (Mexique) lors de la COP16.
28 novembre – 9 décembre 2011 : COP14 et CMP4 – Accords de Durban (Afrique du Sud).
20-22 juin 2012 : Sommet de la Terre (“Rio+20”), à Rio de Janeiro au Brésil.
26 novembre – 7 décembre 2012 (COP15 et CMP5) : Accords de Doha
La conférence de Doha a réussi à garantir la mise en œuvre d’une poursuite du Protocole de Kyoto.
Décembre 2014 : COP20 à Lima, au Pérou
12 décembre 2015 : Adoption de l’accord de Paris lors de la COP21 au Bourget
Novembre 2016 : COP22 à Marrakech
La conférence de Marrakech marque le début des négociations des règles d’application de l’accord de Paris.
8 octobre 2018 : Approbation du rapport spécial du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5°C
7 août 2019 : Approbation du rapport spécial sur le changement climatique, la désertification, la dégradation des terres, la gestion durables des terres, la sécurité alimentaire, et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres.
23 septembre 2019 : Sommet de l’action pour le climat en marge de la 74ème Assemblée générale des Nations Unies.
25 septembre 2019 : Approbation du rapport spécial sur les océans et de la cryosphère.
Décembre 2019 : COP25 à Madrid. Les actions au sein de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques concernant les “pertes et préjudices” sont renforcées.
2020 : Annonce du report de la COP26
L’année 2020 ayant été marquée par les lourdes conséquences de la crise Covid-19, la COP26 initialement prévue en novembre 2020 a été reportée à novembre 2021, à Glasgow.
12 décembre 2020 : Sommet sur l’ambition climatique
30 octobre au 13 novembre 2021 : COP26 à Glasgow
2022 : COP27 s’est ouverte à Charm El-Cheikh en Egypte pour tenter de donner un nouveau souffle à la lutte contre le réchauffement climatique et ses impacts.
2023 : Bilan mondial
Le “Bilan mondial” prévu tous les 5 ans par l’accord de Paris doit permettre de faire collectivement le point sur l’atteinte des objectifs de l’accord à partir de 2023.
Tendances scientifiques pour l’adoption du “génie climatique”


Les scientifiques travaillent depuis des années sur un groupe de projets visant à refroidir la Terre grâce à l’utilisation de la géo-ingénierie solaire (ingénierie climatique), qui repose sur une intervention délibérée et à grande échelle dans le système climatique de la Terre, pour réfléchir la lumière du soleil vers l’espace et refroidir la planète, selon le rapport de “Solar Geoengineering”.
Un rapport passe en revue quelques projets scientifiques, dont : “Les mousses industrielles”, qui reposent sur l’idée de refroidir la Terre en recouvrant de grandes parties des océans avec des mousses dites industrielles, selon un processus connu sous le nom de “mousses océaniques ou microbulles”. Cela indique que les océans couvrent 70% de la surface de la Terre, mais leur eau est souvent de couleur sombre car les profondeurs des océans réfléchissent peu la lumière du soleil, absorbent et stockent beaucoup de chaleur.
Un autre projet s’intitule “Villes Blanches”, dont l’idée repose sur le refroidissement de la terre en peignant les maisons et les toits en blanc pour refléter les rayons du soleil, car un toit blanc est environ 30% plus frais qu’un toit sombre.
L’idée du 3e projet est d’utiliser une flotte de réflecteurs spatiaux géants et de les lancer dans l’espace pour tourner autour de la Terre et réfléchir davantage de lumière solaire loin de la Terre, à condition que la taille du ou des miroirs utilisés soit déterminée en fonction de la quantité de lumière solaire qui peut être réfléchie dans l’espace, empêchant ainsi une augmentation des niveaux de dioxyde de carbone et une baisse des températures.
Niveaux industriels
Les données ERA5 montrent que la température mondiale de l’air à la surface le 17 novembre a atteint 2,07°C au-dessus de la moyenne préindustrielle, la température moyenne prise entre 1850 et 1900 avant l’utilisation intensive des combustibles fossiles. Les données provisoires du 18 novembre indiquent également une anomalie de température de 2,06°C au-dessus du niveau préindustriel.
– Cryosphère
Selon un rapport https://www.nature.com/articles/s41558-022-01568-2, l’éruption du volcan Tonga dans l’océan Pacifique en janvier 2022 a créé un nuage de cendres, de gaz et de vapeur qui a atteint une hauteur de 20 kilomètres. L’explosion a libéré une grande quantité de vapeur d’eau, qui agit également comme gaz à effet de serre.
Des études scientifiques indiquent que cette vapeur augmente d’environ 7% le non-respect de la restriction d’augmentation de température d’au moins 1,5% au cours d’une des cinq prochaines années, mais ce phénomène pourrait se poursuivre qu’à court terme. De son côté, le rapport « State of the Cryosphere 2023 » publié par la Global Cryosphere Climate Initiative, disponible sur le site https://iccinet.org/statecryo23/, affirme que la fonte des glaciers augmente. En effet, la neige et la glace renvoient environ 90 % du rayonnement, tandis que le sol absorbe la majeure partie du rayonnement, provoquant une augmentation de la température.
Glossaire des termes liés au changement climatique
Le Progrès Egyptien repère un nombre de termes et de concepts figurant dans le dictionnaire climatique publié sur le site du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) https://www.undp.org/ar/arab-states/blog/qamws-hwl-mstlhat-almnakh-dlyl-ywmy-ltghyr-almnakh, notamment le climat et la météo, la crise climatique, l’empreinte carbone, l’atténuation et l’adaptation, les émissions nettes nulles, la justice climatique, les pertes et dommages, les émissions de gaz à effet de serre, le point de basculement et le réchauffement mondial.
– Les émissions de gaz à effet de serre
Ce sont des gaz qui emprisonnent la chaleur dans l’atmosphère, ce qui entraîne le phénomène du réchauffement mondial et du changement climatique. Les principaux gaz à effet de serre émis par l’activité humaine sont le dioxyde de carbone, le méthane, les oxydes d’azote, ainsi que les gaz fluorés présents dans certains équipements de réfrigération et la vapeur d’eau.
– Le réchauffement et le changement climatique
Le réchauffement mondial fait référence à l’augmentation de la température moyenne de la surface de la Terre, qui se produit lorsque la concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère augmente. Ces gaz absorbent davantage de rayonnement solaire et empêchent l’énergie de s’échapper, ce qui entraîne la capture d’une plus grande quantité d’énergie à l’intérieur de l’atmosphère et, par conséquent, une augmentation des températures. La combustion de combustibles fossiles, la déforestation, la dégradation des forêts et l’élevage du bétail font partie des activités humaines qui libèrent des gaz à effet de serre et contribuent au réchauffement mondial. Quant au changement climatique, il fait référence aux changements à long terme dans le climat de la Terre, ce qui entraîne une augmentation de la température de l’atmosphère, des océans et de la terre. Cela a des effets sur la santé, l’équilibre des écosystèmes qui soutiennent la vie et la biodiversité, et entraîne également davantage de phénomènes météorologiques extrêmes tels que des ouragans violents ou fréquents, des inondations, des vagues de chaleur, des sécheresses. De plus, cela entraîne une élévation du niveau de la mer et l’érosion des côtes en raison de la hausse des températures océaniques, de la fonte des glaciers et de la perte de glace.
– Point de bascule
C’est un point où des changements spécifiques résultant du changement climatique deviennent irréversibles, entraînant des effets soudains et des conséquences extrêmement graves pour l’avenir de notre planète. Les scientifiques ont identifié des domaines préoccupants tels que la mort des forêts et des récifs coralliens, la fonte du pergélisol et des rivières glaciaires, l’augmentation de la température et l’acidification des océans, mais davantage de recherche est nécessaire.
– Adaptation
L’adaptation fait référence aux mesures visant à réduire l’exposition aux effets actuels ou prévus du changement climatique. Cela comprend par exemple des cultures plus résistantes à la sécheresse ou aux conditions changeantes, la gestion des terres pour réduire les risques d’incendies de forêt, la construction de défenses plus solides contre les inondations, l’amélioration et le déplacement des infrastructures dans les zones côtières affectées par l’élévation du niveau de la mer, et le développement de mécanismes d’assurance contre les menaces liées au climat.
– Empreinte carbone
L’empreinte carbone est une mesure des émissions de gaz à effet de serre libérées dans l’atmosphère par une personne, une organisation, un produit ou une activité spécifique. Une empreinte carbone plus élevée signifie des émissions plus importantes de dioxyde de carbone et de méthane, contribuant ainsi davantage à la crise climatique. Mesurer l’empreinte carbone d’une personne ou d’une organisation implique de prendre en compte à la fois les émissions directes provenant de la combustion de combustibles fossiles pour produire de l’énergie, du chauffage et des déplacements terrestres et aériens, ainsi que les émissions indirectes résultant de la production et de l’élimination de tous les aliments, biens manufacturés qu’ils consomment. Les empreintes carbone peuvent être réduites en passant à des sources d’énergie à faible émission de carbone telles que l’énergie éolienne et solaire, en améliorant l’efficacité énergétique, en renforçant les politiques et réglementations industrielles, en modifiant les habitudes d’achat et de voyage, et en réduisant la consommation de viande et le gaspillage alimentaire.
– Justice climatique
Le concept de justice climatique signifie que les pays, les industries et les entreprises qui ont prospéré grâce à des activités qui émettent la majorité des gaz à effet de serre ont la responsabilité d’aider à atténuer les effets du changement climatique sur les personnes les plus touchées, en particulier les pays et les communautés les plus vulnérables qui contribuent souvent le moins au changement climatique.
– Neutralité carbone nette
L’atteinte de la neutralité carbone nette nécessite de s’assurer d’équilibrer les émissions de dioxyde de carbone dues à l’activité humaine en réduisant ces émissions et en augmentant leur absorption, ce qui permet d’arrêter les autres augmentations de concentration de gaz à effet de serre dans l’atmosphère.
– Captage et stockage du carbone
Le captage du carbone consiste à éliminer les émissions de carbone après leur libération dans l’atmosphère, par des mesures telles que la plantation d’arbres. Le stockage du carbone consiste à capturer et à stocker les émissions provenant de la production d’énergie ou de l’activité industrielle dans le sol avant qu’elles n’entrent dans l’atmosphère.
– Agriculture régénératrice
L’agriculture régénératrice est une méthode agricole qui nourrit et restaure la santé des sols, réduit la consommation d’eau, prévient la dégradation des terres et favorise la biodiversité. Cela se fait en réduisant le labour, en adoptant des cultures rotationnelles et en utilisant du fumier animal et des engrais organiques. L’agriculture régénératrice permet aux sols de stocker davantage de carbone, de conserver plus d’humidité et d’être plus sains.
– Reboisement vs afforestation.
Le reboisement est le processus de replantation d’arbres dans des zones qui ont récemment été couvertes d’arbres mais qui ont perdu leurs forêts en raison d’incendies, de sécheresses, de maladies ou d’activités humaines telles que la déforestation. L’afforestation, quant à elle, est le processus de plantation d’arbres dans des zones qui n’ont pas été boisées récemment. L’afforestation aide à restaurer les terres agricoles abandonnées et dégradées, à prévenir la désertification et à créer des puits de carbone, tout en générant de nouvelles opportunités économiques pour les communautés locales.