Au cours des dernières années, l’Egypte a entrepris de nombreux projets pharaoniques passionnants pour transformer le pays et établir ce que l’on appelle la deuxième république. Ces initiatives ambitieuses embrassent tous les domaines du développement, depuis l’infrastructure jusqu’à l’éducation en passant par le tourisme, l’astronautique, les sciences spatiales, l’intelligence artificielle, l’énergie et l’environnement.
Par : Hanaa Khachaba
L’un des projets les plus emblématiques est la construction de Nouvelle Capitale Administrative qui vise à désengorger le Caire, la ville la plus peuplée d’Afrique. Le plan de développement comprend outre la construction de nouvelles villes intelligentes dans le désert, qui seront des centres économiques et résidentiels, l’Egypte investit massivement dans l’éducation. Les réformes en cours dans le système éducatif visent à améliorer la qualité de l’enseignement et favoriser l’innovation. Des investissements sont également réalisés dans la recherche et le développement, en encourageant les jeunes talents dans le domaine des sciences spatiales et de la technologie.
La deuxième république égyptienne est donc un projet visionnaire qui vise à moderniser le pays sur tous les fronts. Ces projets pharaoniques témoignent de la volonté du gouvernement égyptien de créer un avenir meilleur pour ses citoyens, en misant sur l’histoire et la richesse culturelle du pays. Voici quelques projets colossaux dont l’objectif est de placer l’Egypte au rang qu’elle mérite.

La Faculté de l’IA de l’Université de Menoufia
Les facultés de l’IA (intelligence artificielle) sont devenues indispensables pour la société en raison du développement spectaculaire de la technologie de l’information qui est l’un des secteurs de développement. Ainsi, l’Etat égyptien et les dirigeants politiques accordent un vif intérêt à l’établissement de ces entités technologiques éducatives au plus haut niveau pour sortir des générations capables de relever divers défis, de suivre le rythme effréné de l’industrie technologique mondiale et de développer des méthodes d’IA.
L’Université cherche à créer de nouvelles facultés dans diverses disciplines qui contribuent à la mise en œuvre des objectifs de développement durable en Egypte d’autant plus que les applications de l’intelligence artificielle sont multiples et interviennent dans divers domaines qui mènent au développement de la société.
La faculté d’intelligence artificielle ouvre ses portes pour accueillir les étudiants venus des gouvernorats voisins. La faculté dispose de capacités humaines et matérielles colossales. Notons que cet important projet éducatif a coûté environ 78 millions de livres égyptiennes et se compose d’un rez-de-chaussée, trois étages, d’un bâtiment de 14 étages dédié à l’informatique avec 14 laboratoires, d’un amphithéâtre d’une capacité de 700 étudiants en plus de trois autres auditoires d’une capacité de 400, 300 et 200 étudiants chacun, en plus de 16 salles administratives à toutes fins.
Le bâtiment est muni des dernières technologies d’infrastructure et conçu selon des normes de qualité qui fournissent le meilleur climat pour les étudiants dans les disciplines de l’IA et de l’informatique et est doté d’Internet à fibre optique. La faculté dispose de 920 ordinateurs avec toutes les composantes nécessaires pour servir les départements scientifiques spécialisés dans : la science des données, l’intelligence artificielle, la cybersécurité et l’ingénierie des systèmes intelligents.

La ville de la connaissance dans la Nouvelle capitale administrative (NCA)
La ville de la connaissance est l’un des projets les plus importants et les plus récents de la Nouvelle capitale administrative. Elle a pour vocation de développer la culture et l’excellence technologique en vue de la promotion des divers domaines en Egypte. La ville de la connaissance a de nombreux avantages qui en font l’un des meilleurs projets établis dans la Nouvelle capitale administrative égyptienne.
L’inauguration de la ville de la connaissance a eu lieu en 2021. S’étendant sur une superficie d’environ 250 feddans, la construction de la ville de la connaissance a coûté environ 2,5 milliards de livres égyptiennes. La première phase des travaux de construction a démarré en août 2019. Elle comporte quatre grands bâtiments pour servir au développement dans tous les domaines de la technologie. Nombreuses entreprises mondiales y sont effectivement installées où il y a également des centres de formation sur les technologies modernes. La ville est en outre dotée d’une académie spéciale pour les personnes en situation de handicap.
La ville de la connaissance a été créée sous la supervision de l’Egyptian Silicon Oasis Company. Cette ville a de nombreux avantages, faisant d’elle l’un des projets les plus importants établis dans la capitale administrative de l’Egypte en général. Ses caractéristiques les plus importantes sont les suivantes : Elle a été créée pour être consacrée aux centres de recherche et d’innovation dans le domaine technique. La ville de la connaissance devrait fournir environ 500 000 emplois.
Une académie spéciale est maintenant mise en place uniquement pour les personnes en situation de handicap.
Ce projet grandiose permet aux jeunes de s’illustrer dans les domaines de l’informatique et des technologies modernes, en développement de leurs connaissances en la matière afin d’être en mesure d’aller en phase avec l’ère numérique.
Voici les bâtiments de la première phase du projet de la ville de la connaissance :
– L’Université d’informatique d’Egypte, créée en collaboration avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, la première en Afrique entièrement spécialisée dans les technologies de l’information et les sciences de la communication.
– Un bâtiment dédié à la formation des jeunes et leur initiation au développement technologique à travers des méthodes avancées. Ce bâtiment regroupe plusieurs édifices à savoir l’Institut des technologies de l’information et l’Institut national des communications, qui appartiennent au ministère des Communications et des Technologies de l’information.
– Un bâtiment pour la recherche et le développement technologique.
– Un bâtiment pour les recherches appliquées et l’innovation.
L’Association « L’Egypte peut »
Le ministère d’Etat à l’Immigration et aux Affaires des Egyptiens de l’étranger a organisé une conférence pour annoncer la création officielle de l’Association « L’Egypte peut » le 7 avril 2019, comme couronnement d’une série de conférences du même titre « L’Egypte peut », en présence de l’ambassadrice Nabila Makram, ministre d’Etat à l’Immigration et aux Affaires des Egyptiens de l’étranger et des ministres de la Production militaire, de la Solidarité sociale, de l’Electricité, de la présidente du Conseil National de la femme ainsi que des secrétaires généraux et des consultants de l’Association de l’Egypte peut.
La création de l’Association de l’Egypte peut est un aboutissement de trois longues années de travail acharné et de communication constante avec des scientifiques égyptiens à travers le monde grâce aux conférences périodiques portant le même titre « L’Egypte peut ».
Objectifs de l’Association :
L’Association vise à créer une base de données actualisée sur nos scientifiques à travers le monde, afin de les engager dans la réalisation de plans de développement durable et de bénéficier de leur expertise dans divers domaines.
Composition de l’Association :
L’Association « L’Egypte peut » se compose du Conseil d’experts présidé par la ministre de l’Immigration et comprend des scientifiques égyptiens à l’étranger, en plus d’un conseil d’administration qui comprend le Dr. Hani Al-Nazer en tant que président du conseil d’administration, Ahmed Fayek, secrétaire général, Maha Salim, secrétaire général adjoint et trésorier, Dr. Ismail Abdel Ghaffar, président de l’Académie arabe des sciences et de la technologie, le Dr Chérif Sedqi, président de l’Université Zewail, le Dr Chérine Abbas Helmi, vice-président de l’entreprise pharmaceutique FARCO et le Dr Moustafa Zamzam, président du conseil d’administration de l’Association « Bienfaiteurs pour le développement ».

L’Egypte sur la voie spatiale…
Par : Soha Gaafar
La possession par l’Égypte de la technologie spatiale n’est plus un luxe, mais plutôt une nécessité pour atteindre les objectifs de développement durable et de renaissance économique.
L’Agence spatiale égyptienne a un plan ambitieux de créer une constellation de satellites ; et ce pour renforcer le rôle pionnier de l’Égypte en Afrique dans le domaine de la technologie et de la science spatiales. Ce plan vise également à activer le rôle de l’Agence spatiale africaine à travers la participation de divers pays africains à un projet spatial au service du développement de l’Afrique jusqu’à 2063.
Ajoutons aussi le but d’activer le rôle de l’Agence spatiale égyptienne en tant qu’organisme économique, en fournissant des services spécialisés dans le domaine de la conception, de l’assemblage, de l’intégration et des tests de satellites et des services d’imagerie à haute résolution.

Tiba-1, le 1er projet de la série TibaSat
L’Egypte a l’intention de lancer la série « TibaSat », ce qui entraînera un changement qualitatif dans les services de communication en Égypte et en Afrique.
Le satellite « Tiba-1 » est le premier satellite de cette série. Il a fait l’objet d’un contrat avec la France en 2016. Il a été conçu pour rester en service en orbite autour de la Terre pendant une période supérieure à 15 ans et son poids est de 5,6 tonnes.
Dans le domaine militaire, le satellite contribue à soutenir le réseau de commandement et de contrôle et les communications de signaux stratégiques hautement cryptées et sécurisées entre différentes unités des forces armées à l’intérieur et à l’extérieur du pays au niveau du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.
Dans le domaine civil, le satellite « Tiba-1 » contribue à fournir des infrastructures de communication et Internet haut débit aux zones reculées et isolées, à soutenir les projets de développement dans ces zones, ainsi qu’à combler la fracture numérique entre les zones urbaines et rurales. Il aura en outre des contributions considérables à la prospection du pétrole, de l’énergie, des richesses minières. Les sciences spatiales favoriseront également l’éducation, la santé et contribuent également à la fourniture de services Internet haut débit à des fins gouvernementales et commerciales. Basé sur les efforts de coopération de l’Égypte avec les pays du continent africain et sur l’hébergement de l’Agence spatiale africaine, le nouveau satellite fournira des services Internet et de communication à certains pays du bassin du Nil.
Afin de soutenir et de fournir des services de communication aux forces armées et aux agences gouvernementales de l’État égyptien, les forces armées avaient commencé il y a quelque temps à fournir des canaux directs de communication par satellite au sein du réseau de communications de signaux stratégiques, ainsi que fournir des capacités de messagerie pour connecter pleinement les systèmes de communication actuellement opérationnels dans les forces armées et les agences gouvernementales, y compris toutes les zones frontalières et non équipées à titre indicatif.
Le satellite “NareScope-1”, 100% des mains d’œuvres égyptiennes
L’Égypte lance son deuxième satellite (NareScope-1) de type (CubeSat) depuis le Japon vers la Station spatiale internationale, et la mise en orbite du satellite est prévue prochainement. Ce satellite a été conçu, programmé, testé et fabriqué par une main d’œuvre égyptienne à 100%.
Le satellite (NareScope-1) contient une technologie d’imagerie relativement plus récente que le premier satellite (NareScope-2), et des capacités de stockage élevées. Des tests de qualification spatiale et des examens de sécurité ont été effectués à l’Université de Kitakyushu au Japon, dans le cadre d’un accord spécial pour le lancement de satellites de recherche.
Le lancement de ce satellite s’inscrit dans le cadre du programme de l’Alliance nationale pour la connaissance et la technologie dans le domaine spatial, financé par l’Académie de recherche scientifique et technologique, qui comprend le lancement de 3 satellites CubeSat, entièrement conçus et mis en œuvre sans recourir à aucune expertise étrangère, pour développer la technologie de l’industrie spatiale locale, soulignant que le premier satellite (CubeSat 1) a été lancé en juillet dernier depuis les États-Unis d’Amérique et que ses signaux ont été captés au niveau de la station de contrôle du Caire.