“Si nous sommes d’accord que les portes sont le meilleur témoin sur l’Histoire, alors nous devons plonger mieux pour découvrir ses mystères”. C’est ainsi qu’a commencé Sarah Khaïry ses propos sur son propre projet « 1000 doors of Cairo » ou « 1000 portes du Caire ». Selon elle, chaque porte a sa propre histoire. Les portes sont exceptionnelles, elles sont les emblèmes du Caire, les blasons symboliques de l’identité égyptienne » ajoute-t-elle.
Les époques historiques successives ont laissé leur impact archéologique sur l’Égypte, sur les dessins des maisons et de leurs portes, ce qui a motivé la jeune égyptienne Sarah Khaïry, diplômée de la Faculté d’ingénierie de l’Université d’Aïn Chams, à lancer le projet « Doors of Cairo », pour documenter l’esthétique et la splendeur des artisans égyptiens à différentes époques artistiques. L’art copte, islamique, puis mamelouk et moderne,
Une visite au « Complexe des Religions » au Vieux-Caire est derrière le lancement par Sarah de son projet artistique pour documenter et montrer les différences et les convergences qui sont évidentes dans l’artisanat des portes de ces maisons, dont chacune est le symbole d’une certaine période.
Quand j’ai vu cette immense porte au Complexe des Religions, j’ai imaginé que je me tenais à la place d’une personne forte qui avait l’habitude de l’ouvrir et de la fermer, j’ai alors décidé de rechercher l’histoire de cette porte oubliée, et j’ai connu son école d’art.
Ses études à la Faculté polytechnique, section architecture et planification urbaine l’ont poussée à descendre dans la rue pour voir les anciens bâtiments en tentant de présenter un projet de rénovation. Elle a en effet effectué des sorties sur le terrain pour photographier des portes.
A chaque fois, elle était ébahie devant la grandeur de ces portes.
« J’ai voulu ainsi me balader plus dans les rues du Caire, ma ville, ses anciens quartiers pour mieux la découvrir, sentir l’odorat et l’authenticité de mon pays ».
Alors, elle a tout de suite créé une page sur Instagram et Facebook « pour être une forme de documentation pour mes propres photos ».
« Même si la porte n’est pas la plus belle, force est de constater que ce genre ne se trouve qu’au Caire avec des caractéristiques uniques et distinguées. En plus, ça reflète bien l’identité égyptienne par excellence » explique Sarah, cette fille à l’esprit jovial.
Jusqu’à maintenant, elle a photographié 286 portes et espère continuer son trajet jusqu’à aboutir à 1000 portes comme indique le nom de son projet. A chaque portail qu’elle photographie, elle donne un numéro, raconte son histoire et indique à quel genre architectural elle appartient.
Je voudrais également transmettre un message à travers mon projet, celui de marcher dans les rues du Caire sainement et sans peur. Attirer le public vers l’authenticité et la gloire de l’Egypte est mon objectif escompté. Notre ville est pleine de monuments à contempler. Pourquoi ne pas être comme l’Allemagne et la France qui ont fait de leurs villes des exhibitions ? S’interroge-t-elle.
Elle a récemment collaboré avec Cairo politan et a exposé ses photos à l’Institut Français d’Egypte et à l’IFAO. Ses photos sont devenues des publicités.
A la fin, je rêve que tout le monde connaisse la page et souhaite créer une chaîne sur YouTube pour mieux me répandre et répandre l’Histoire de mon pays.