Il y a 67 ans, le Centre d’enregistrement des antiquités égyptiennes fut créé avec le but de documenter et d’enregistrer tous les documents en rapport avec les temples de Nubie avant, pendant et après les travaux de sauvetage de deux temples d’Abu Simbel et celui de Philae. Quelques années plus tard, le projet national de documenter les antiquités égyptiennes fut lancé et adopté par le Centre. Un effort a été couronné par un succès complet et spectaculaire au niveau des antiquités. Dr Hicham el-Leithy, directeur du Centre d’enregistrement des antiquités égyptiennes, dépendant du ministère du Tourisme et des Antiquités, a expliqué au Progrès Dimanche le rôle du Centre ainsi que ses projets. Interview.
Il s’agit d’une équipe d’archéologues, de restaurateurs, d’ingénieurs qui ne cessent jamais de travailler. Leur but est de préserver le patrimoine culturel du pays, représentés dans les documents, les murailles, les temples, les tombes et les pièces avec ses différentes tailles. Il aide aussi à conserver les documents recueillis lors de l’enregistrement pour en travailler avec d’autres organismes et diverses universités scientifiques et techniques.
« C’était avec la décision de construction du Haut Barrage, que l’idée de la création du Centre fut apparue. Puisqu’avec cet imposant barrage, toutes les antiquités qui se trouvaient après le barrage seraient complètement submergées à cause de l’immense lac qui couvrait cette région. Et le ministre de l’éducation de cette époque a lancé l’idée de la création du Centre dédié à l’enregistrement des antiquités égyptiennes généralement et les antiquités de la Nubie précisément. Le 25 avril 1956, le centre fut créé, a commencé Dr el-Leithy ses propos. Et d’ajouter qu’en 1958, l’ambassadeur américain a visité la région avec le directeur du musée de Métropolitain accompagné par le ministre de la Culture de l’époque Dr Sarwat Okacha. Là-bas, le directeur du musée a proposé d’acheter un des musées qui serait noyé par l’eau dans la région de la Nubie. Une proposition qui a été totalement refusée ! Plus tard, le ministre a décidé d’effectuer une visite d’inspection dans la région, accompagné par Dr Ahmed Badawi, directeur du Centre d’enregistrement des Antiquités égyptiennes et recteur de l’Université Ain Chams à cette époque. Cette visite a commencé à partir du sud du pays vers le nord durant laquelle le ministre a inspecté tous les musées et les antiquités noyés. Et c’est d’où l’idée de lancer une campagne de sauvetage de la Nubie et de ses antiquités avec l’UNESCO a débuté.
Dans le cadre de cette campagne internationale, l’UNESCO a joué le rôle de coordonnateur et d’intermédiaire entre dix États donateurs et le gouvernement égyptien en facilitant leurs efforts pour la sauvegarde du patrimoine culturel de la Nubie. En tant qu’organe de contrôle pour ces activités, le Comité de la Campagne internationale a été créé en 1960. La campagne qui a débuté en 1960 et a duré jusqu’à 1980, a permis de déplacer les deux temples d’Abu Simbel : le grand temple de Ramsès II et le petit de la reine Néfertari, les travaux ont commencé en 1964 et terminé en 1968. Le temple a été déplacé de 200 mètres loin de l’eau et de 64 mètres de haut. Une montagne artificielle fut construite pour renfermer les deux temples ensemble. Parmi les temples sauvés se trouve celui de Philae.

Après avoir documenté les 20 temples dans la région de la Nubie, selon le patron, le Centre a enregistré presque 90% des monuments de Louxor, il en reste quelques tombes et temples. Il y a avait une technique particulière permettant d’achever notre tâche. Il s’agit d’obtenir des photos noir et blanc des temples, des tombes et des pièces aussi. Cette technique fut utilisée jusqu’à la fin de l’année 2004, après une nouvelle technologie a été adopté dans le projet national pour enregistrer les antiquités égyptiennes, celle de la digitalisation et des photos en couleurs, qui est de scanner toutes les photos en couleurs même celles qui étaient en noirs et blancs.
« Il faut expliquer qu’une équipe d’archéologue et d’ingénieurs examine le site archéologique avant de le documenter. Ils dessinent un contour approximatif du site, ensuite enregistre les mesures, en donnant des numéros pour chaque dessin, en tenant compte de leurs ordres. L’archéologue prend des photos, et trace des lignes sur le papier calque à l’aide d’un crayon dessinant le contour du monument », a noté Dr Hicham et de poursuivre « Actuellement, le Centre utilise des programmes comme l’Illustrator et InDesign. Après ces étapes, on fait la publication scientifique du document ».

Selon El-Leithy, le Centre possède des archives de photos et de documents scientifiques et archéologiques très riches pour les antiquités égyptiennes. Le Centre présente aussi ses services aux missions, aux archéologues et aux étudiants qui peuvent venir en profiter.
D’ailleurs, le Centre travaille en partenariat avec les missions archéologiques étrangères ainsi que les centres archéologiques, comme le Centre national de la recherche scientifique « CNRS », présidé par l’archéologue français Christian LeBlanc. « Il existe une mission depuis 1991 représentant le Centre et qui travaille en partenariat avec cette mission », a-t-il dit. Il existe aussi une coopération fournit entre le Centre et l’Institut du patrimoine culturel coréen. Les deux côtés travaillent aux préparatifs d’un des méga projets, celui du démantèlement et de la recomposition du premier pylône du temple de Ramesseum.
Notant que le Centre réalise actuellement plusieurs projets visant à documenter les monuments égyptiens à Louxor, Assouan, Esna, Assiout et Alexandrie.
No