50 ans après, la victoire de l’Egypte à la Guerre du 6 Octobre reste omniprésente. L’armée égyptienne a réussi l’impossible et vaincu le soi-disant invincible ennemi. Le monde parle d’une épopée militaire. Les témoignages documentent ces moments inoubliables de la guerre. Les infographies révèlent les capacités de l’armée égyptienne considérée aujourd’hui comme une des plus puissantes, et les œuvres dramatiques traduisent des réalités et racontent des histoires, peut-être peu connues jusque-là. Retour sur l’histoire.
Responsable du dossier : Névine Ahmed
Préparé par Alia Aboul Ezz, Marwa Mourad, Soha Gaafar, Hanaa Khachaba et Nermine Khattab
Témoignages


Dans le cadre des célébrations du 50e anniversaire de la victoire d’octobre et de la grande traversée (en référence au franchissement du Canal de Suez), la chaîne “Maspero Zaman” commence à diffuser des épisodes comprenant des témoignages de différents personnages ayant participé à la glorieuse guerre de 1973.
Ces personnages sont des témoins de l’héroïsme des combattants égyptiens et les moments les plus forts de la guerre.
De même, la chaîne documentaire a annoncé lancer sa nouvelle production avec la diffusion de témoignages documentés des officiers et des soldats qui ont participé à la guerre d’octobre en 1973. Cette émission est intitulée “J’ai combattu Israël”.
Ces témoignages exclusifs sont filmés dans les différents villes et villages égyptiens et documentés par un groupe de militaires vétérans et de commandants ayant pris part à la guerre et participé à maintes batailles en 1973. En voici quelques-uns :
Baqi Zaki Youssef
“J’avais peur de me traiter d’hallucinant”, avait reconnu le général Baqi Zaki Youssef, instigateur de l’idée d’utiliser les jets d’eau pour envahir la Ligne Barlev, au lieu de recourir aux explosifs, aux mines ou aux missiles. Emotion et attention se mêlaient inextricablement aux tréfonds des commandants ayant participé à une réunion des Forces armées dans le temps, se rappelle-t-il, en affirmant que l’idée a été attentivement étudiée par le Génie militaire et a enfin été adoptée. Elle était certes miraculeuse.
Mohamed effendi
Mohamed effendi Al-Abbassy est le premier soldat à avoir hissé le drapeau égyptien après avoir traversé le Canal de Suez, le 6 octobre 1973. Ce courageux soldat est monté au plus haut point, pour annoncer clairement la fin de la légende de la Ligne Barlev et de l’ennemi invincible. “En ce matin du 6 Octobre 1973, les opérations de camouflage avaient commencé. Ainsi, les soldats égyptiens jouaient-ils au football et aux échecs. Et à l’heure zéro, nous avons traversé le Canal de Suez et j’étais à l’avant-garde des soldats escaladant la Ligne Barlev sans se soucier des mines ni des fils barbelés. Et après avoir tiré sur les soldats israéliens, j’ai hissé le drapeau égyptien”, se rappelle-t-il.
Ahmed Hamdi
Le général martyr Ahmed Hamdi a travaillé sur le développement des ponts russes pour s’adapter aux conditions du Canal de Suez, pour permettre aux combattants de les installer en seulement 6 heures au lieu de 74 heures. Le général Ahmed Hamdi a supervisé les opérations de fabrication des ponts et des équipements nécessaires à la traversée du Canal. On lui doit l’établissement de points d’observation et de contrôle en haut du tour en fer sur la rive droite du Canal.
Mohamed Fouad Nassar
Le général Mohamed Fouad Nassar, ancien directeur des services secrets militaires lors de la guerre d’Octobre dit : « Nous avons excellé dans le domaine des satellites, dépassant les Américains même dans ce domaine. Nous avons élaboré un plan de camouflage inédit qui a surpris le monde entier. En fait, les services secrets militaires égyptiens sont classés 4e au niveau mondial, après ceux des Etats-Unis, de la Russie et de la Grande-Bretagne ».
Ali Hefzi
Alors que les différentes unités et brigades de l’armée ont commencé l’envahissement de la Ligne Barlev, la tâche des forces d’inspection et de reconnaissance a commencé les mois précédant la guerre. Leur mission était de donner une image complète des préparatifs de l’ennemi, de ses points de fortification, de ses armes et du nombre de ses soldats, a souligné le général d’Etat-major Ali Hefzi. Ce dernier dirigeait ces unités qui se sont approfondies pour des centaines de kilomètres dans les lieux où se positionnait. La mission de ces unités a duré plus de 6 mois après la victoire.
L’Egypte reste la première puissance militaire
Les forces militaires de l’Égypte sont l’une des plus importantes et les plus puissantes en Afrique, au Moyen-Orient, et au monde.
Les forces armées égyptiennes modernes ont combattu dans plusieurs guerres majeures et insurrections depuis l’indépendance, de la guerre israélo-arabe de 1948-1949, révolution égyptienne de 1952, crise du Canal de Suez, guerre civile du Yémen du Nord, guerre des Six Jours, guerre du Biafra, guerre d’usure, guerre du Kippour.
L’Egypte reste la première puissance militaire africaine, selon l’édition 2023 du classement des armées dans le monde, publiée par le site américain spécialisé dans la défense Global Fire Power (GFP).
L’Egypte occupe le 14e rang à l’échelle mondiale sur un total de 145 pays étudiés, avec un score de 0,2224 point, d’après le classement qui se base sur 60 critères, dont le nombre de militaires actifs, la force navale, la disponibilité du carburant pour les opérations militaires, le nombre d’avions de chasse, le budget consacré à la défense et la flexibilité logistique.
L’Egypte dispose de 440 000 militaires actifs et de 480 000 réservistes, de 4 946 chars, 1 069 avions militaires et 245 navires et bâtiments de guerre.
Œuvres cinématographiques qui incarnent la victoire
Il existe un certain nombre d’œuvres d’art qui incarnent la glorieuse guerre d’Octobre, l’occasion que les Égyptiens attendent d’année en année, en raison de son rôle dans la récupération des précieuses terres du Sinaï des mains de l’ennemi israélien.
La balle est toujours dans ma poche


Produit en 1974, il met en vedette de grands acteurs comme Mahmoud Yassin, Hussein Fahmy, Youssef Shaaban, Salah Al-Saadani et Najwa Ibrahim. L’histoire est d’Ihsan Abdel Quddus, pour laquelle il a remporté le prix de meilleure histoire.
La vie est un instant
Produit en 1978 et écrit par Youssef El-Sébaai, il raconte l’histoire de la journaliste Nemat, qui se rend au front pour remonter le moral des soldats. Elle écrit sur l’espoir et les aspirations brillantes dans les yeux de nouveaux héros. Elle écrit sur les batailles d’usure, jusqu’à ce que la guerre d’octobre éclate et que nombreux de ceux que Nemat a connus sont martyrisés et ils ont créé la gloire de leur pays avec un sang précieux.
Les fils du silence
C’est un film réalisé en 1974. Ses événements se déroulent sur le front de bataille. Il raconte plusieurs histoires de soldats égyptiens. Les événements se terminent par le lever du drapeau égyptien sur les terres du Sinaï. Le film met en vedette M. Rady, Mahmoud Morsi, Nour El-Sherif et Mohamed Sobhi.
Les jours de Sadate
Le film retrace la biographie du défunt président égyptien Mohamed Anouar Sadate, «le héros de la guerre et de la paix», en plus de son discours sur la guerre d’Octobre et la grande victoire remportée par l’armée égyptienne.
La grande Loyauté
Les événements du film tournent autour d’un cadre romantique, de deux amants séparés par la tyrannie du père de la jeune fille. Elle épouse un autre homme, puis son mari et son amant deviennent amis sur le front, jusqu’à la victoire. Le film a été produit en 1974 et met en vedette Naglaa Fathi, Samir Sabry et Mahmoud Yassin.
Jusqu’à la fin de la vie
C’est l’un des films les plus importants traitant de la guerre d’Octobre, dans un contexte romantique. Il a été produit en 1975, avec Mahmoud Abdel Aziz, Omar Khurshid et Najwa Ibrahim.
Presse mondiale : Une victoire qui continue de résonner


La guerre du 6 octobre, Yom Kippour ou du Ramadan, trois appellations pour une seule victoire !
50 ans se sont écoulés depuis la guerre du Six octobre 1973. Cette guerre a marqué une victoire foudroyante de l’armée égyptienne soutenue par certains pays arabes que ce soit militairement ou financièrement. Ce triomphe fut un tournant majeur dans l’histoire du Moyen-Orient. A l’époque, la presse mondiale a couvert intensivement le conflit et ses conséquences. Les journaux et les médias ont généralement présenté cette guerre comme un affrontement majeur entre les pays arabes et Israël, marqué par des combats intenses et des pertes significatives des deux côtés.
Il est important de noter que l’interprétation de la presse mondiale peut varier d’un pays à l’autre et d’une source d’information à l’autre. De nos jours, la guerre du Six octobre 1973 est souvent étudiée comme un événement clé dans l’histoire du conflit arabo-israélien. Les médias et les chercheurs continuent d’analyser les causes, les conséquences et l’impact de cette guerre. Les opinions et les analyses peuvent varier, en fonction des perspectives politiques et historiques de chaque partie.
Voici quelques passages publiés dans la presse mondiale :
Ainsi s’exprime le 5 octobre 1973, veille de la fête juive du Yom Kippour, le quotidien israélien du soir Maariv. Quelques heures plus tard s’engage, dans le Sinaï et sur le Golan, le quatrième conflit israélo-arabe. Une guerre de trois semaines, difficilement subie par les Israéliens qui sortiront très fortement traumatisés de ce nouvel affrontement avec leurs voisins, tandis que s’amorce, avec l’intervention conjuguée des superpuissances et le coup d’envoi du premier choc pétrolier, un nouveau tournant de l’histoire des relations internationales.
Guerre du Kippour : L’Egypte et la Syrie attaquent par surprise Israël le 6 octobre 1973
Le 6 octobre 1973, il y a tout juste 50 ans, la guerre de Kippour éclatait, prenant Israël par surprise. Le pays avait été contraint de se préparer militairement en seulement 12 heures. Dans la nuit du 5 au 6 octobre 1973, Zvi Zamir, le chef du Mossad de l’époque, se trouve à Londres, en plein préparatifs de Kippour, lorsqu’il reçoit un message lui indiquant que deux armées arabes en possession d’un arsenal important d’armements modernes et entraînées par l’Union soviétique, prévoient de lancer une attaque sur deux fronts pour prendre Israël en étau avant la fin de la journée.
Un chroniqueur de la guerre retrace les dernières heures durant lesquelles les dirigeants israéliens ont réalisé, trop tard, qu’ils avaient ignoré les signes d’un conflit imminent.
Une offensive lancée par les armées égyptienne et syrienne lors de la fête juive du Yom Kippour surprend et bouscule les forces israéliennes. L’affrontement se terminera le 25 octobre avec un cessez-le-feu qui sera suivi, en novembre, par un accord de désengagement entre les belligérants.

Des Chiffres-clés
14h00 : Heure à laquelle a commencé l’attaque aérienne égyptienne
300 000 : Nombre de soldats ayant participé à la guerre
220 : Nombre des premiers avions qui ont traversé le Canal
1 600 : Nombre des premiers bateaux ayant participé à la traversée du Canal
8 000 : Nombre des premiers soldats égyptiens qui ont traversé le Canal lors de la première vague
1 000 : Nombre de chars qui sont entrés au Sinaï au deuxième jour de la guerre
1 500 : Nombre de pertes humaines parmi les Israéliens, y compris les prisonniers et les morts.
9 : Nombre de pays arabes qui ont fourni un soutien militaire
338 : Le numéro de la résolution de l’ONU qui a stipulé un cessez-le-feu non respecté par les Israëliens
12880 : Nombre de tonnes d’armes et de munitions transportées par les avions américains en guise d’aide à Israël