Youtubeurs stars, activistes de TikTok ou milliardaire patron de réseau social : voici ceux qui façonnent les opinions lors du scrutin américain de novembre 2024.
Qui, de chaque côté de l’échiquier politique américain, a le plus d’influence ? Dans un paysage médiatique morcelé, ce sont moins les médias classiques que les personnalités du Web qu’il faut identifier pour sentir le sens du vent. C’est le travail qu’a effectué Wired en analysant le poids médiatique des 30 influenceurs les plus importants du côté démocrate et républicain. Pour les sélectionner, l’équipe de data journalistes a utilisé plusieurs critères, notamment le fait de poster régulièrement sur des sujets politiques ou d’avoir collaboré avec des personnalités politiques.
Elon Musk, le géant

La première chose qui frappe quand on regarde ce classement, présenté sous la forme d’une bulle d’influence, c’est la différence de configuration d’un camp politique à l’autre. Le camp républicain présente des influenceurs extrêmement puissants, souvent visibles à l’international, avec en tête d’affiche Elon Musk et ses 193 millions de followers, qui domine largement la partie.
TikTok versus YouTube

Autre grande différence, et non des moindres, on peut diviser les camps par plateformes. Si X reste un réseau largement partagé par les deux groupes, on dénombre, du côté démocrate, beaucoup de comptes TikTok comme ceux de Josh Helfgott (cinq millions de followers), qui poste des vidéos sur l’actualité des droits LGBTQ+, ou bien encore l’acteur Walter Masterson, qui interviewe et se moque régulièrement des conservateurs. Chez les Républicains, c’est YouTube qui a la part belle avec les frères Jake et Paul Logan (43,7 millions de followers à eux deux). Dans la même logique, la notoriété internationale des influenceurs est bien plus importante du côté républicain avec des figures très controversées mais connues, comme l’influenceur masculiniste Andrew Tate (9,8 millions de followers sur X) ou l’éditorialiste Tucker Carlson (13,5 millions de followers sur X).
Ce n’est pas la taille qui compte ?
Au vu des données présentées par Wired, le camp républicain semble dominer par le nombre le jeu de l’influence sur les réseaux. Est-ce suffisant pour assurer la victoire de Donald Trump ? Rien n’est moins sûr. Car l’investiture de Kamala Harris a provoqué un élan chez les démocrates et notamment chez les influenceurs et militants en ligne qui associent la candidate aux tendances et mèmes du moment comme le « big brat summer ». Joe Biden lui-même a reconnu le 14 août dernier que les personnalités médiatiques suivies par des millions de personnes sur les réseaux avaient plus d’importance aux yeux du public que les médias « motivés par le clic ». Relégué à une image de « vieil homme » aux propos « weird » (bizarres), Donald Trump a quant à lui attiré plus d’un million d’auditeurs lors de sa conversation de 3 heures avec Elon Musk sur X, même si cette dernière a été grevée par de gros problèmes techniques. Il en a profité pour saluer le travail du président russe Vladimir Poutine, du président chinois Xi Jinping et du dirigeant nord-coréen Kim Jong-un. Un discours qui ne semble pas porter ses fruits puisque, d’après les derniers sondages, le candidat républicain accuse un retard de deux points.