Dans une contrée lointaine, nichée entre des montagnes sombres et des forêts denses, vivait un hibou du nom de Noctis. Depuis sa naissance, Noctis avait été entouré de murmures et de regards méfiants. Dans cette région, les hiboux étaient considérés comme des oiseaux de mauvais augure, porteurs de malheur et de tristesse. Chaque fois qu’il s’aventurait près des villages, les habitants chuchotaient en le voyant :
— « Voici le présage funeste… »
Noctis ne comprenait pas pourquoi on le craignait tant. Après tout, il n’était qu’un oiseau comme un autre, observant le monde avec ses grands yeux sages et chantant à la lueur de la lune. Mais cette hostilité pesait lourdement sur son cœur. Un jour, fatigué de cette solitude imposée, il prit une grande décision : il s’envolerait vers des terres inconnues, à la recherche d’un lieu où il pourrait exister sans crainte ni préjugés.
Son voyage fut long et parsemé d’épreuves. Il traversa des déserts brûlants, des océans sans fin, et des plaines verdoyantes. Enfin, il atteignit une contrée où tout lui semblait différent : les arbres étaient majestueux, les rivières chantaient doucement, et surtout, les regards qu’on lui adressait étaient empreints de curiosité et de respect.
Curieux, Noctis se posa sur la branche d’un grand chêne au cœur d’une cité animée. Très vite, des enfants vinrent l’observer avec émerveillement.
— « Regarde, maman ! Un hibou ! C’est un signe de sagesse, non ? » s’exclama un jeune garçon.
Noctis cligna des yeux, surpris. Ici, il n’était plus craint, mais admiré. Les sages du village vinrent même lui parler, lui contant que, dans cette nation, le hibou était symbole de connaissance et d’intelligence. On le respectait pour sa capacité à voir au-delà des apparences, à méditer dans le silence de la nuit.
Peu à peu, Noctis se sentit renaître. Il comprit que rien en lui n’avait changé : il était toujours le même hibou, observateur et silencieux. Ce qui avait changé, c’était le regard des autres. Mais surtout, il réalisa une vérité profonde : il n’avait pas besoin d’être défini par les croyances des uns ou des autres. Sa valeur ne dépendait pas de l’opinion d’autrui, mais de ce qu’il savait être au fond de lui-même.
Fier et serein, il choisit de rester dans cette nouvelle terre, non pas parce qu’il y était mieux perçu, mais parce qu’il avait appris à s’accepter tel qu’il était. Désormais, peu importe où il irait, il porterait en lui cette précieuse leçon : personne ne peut dicter qui nous sommes, sauf nous-mêmes.
Et chaque nuit, du haut de son chêne, Noctis contemplait le monde avec confiance, laissant le vent murmurer cette vérité aux étoiles.