Face à l’accroissement de la demande pour les soins de santé et les contraintes financières du gouvernement, la performance des organes et des systèmes de santé, notamment les hôpitaux universitaires, était un enjeu difficile que l’Egypte a réussi à surmonter. Il s’agissait principalement d’améliorer leur performance, via la participation de nombreux acteurs, pour assurer tant l’efficience du système de santé que la qualité des services.

Une réorganisation de fond en comble
Par Névine Ahmed
L’état de santé de la population a été une priorité cruciale sur le calendrier de développement et les stratégies de l’Etat à présent, après de longues années de négligence sous les régimes anciens. Un nombre grandissant de personnes étaient exclues de traitements de qualité, vu les prix élevés de ces services et finissaient donc de tomber dans la pauvreté en raison du coût des soins.
Il est donc apparu nécessaire de renforcer sensiblement l’équité et l’efficience du système de santé. Plusieurs mesures de réformes ont été prises ces dernières années pour une réorganisation de fond en comble des hôpitaux universitaires.
Les travaux de développement de ces hôpitaux ont été menés sans relâchement, dans le cadre du plan stratégique global adopté par l’Etat pour soutenir et réorganiser les hôpitaux universitaires, conformément aux instructions de l’Exécutif relatives à l’importance d’accélérer le développement des hôpitaux universitaires, au même rythme que des efforts déployés pour développer le système de santé en Egypte. Il s’agissait donc de développer les capacités matérielles et les compétences des cadres humains travaillant dans ce secteur vital, ce qui entraînerait une amélioration des services médicaux fournis aux citoyens et à la hausse du niveau des soins de santé qu’ils reçoivent.
En fait, les hôpitaux universitaires jouent un rôle pionnier dans le niveau de formation médicale et dans l’acquisition par les médecins y travaillant, d’une expérience pratique en plus de leur contribution- en coopération avec le ministère de la Santé- dans la fourniture de services de santé et de traitement aux citoyens, incapables de payer les coûts de traitement dans les hôpitaux privés. Les hôpitaux universitaires jouent également un rôle important et très professionnel dans les interventions chirurgicales complexes en bénéficiant de l’expérience des professeurs d’université dans diverses spécialités médicales. Récemment, ces hôpitaux universitaires ont contribué à de nombreuses initiatives présidentielles, comme celle visant à mettre fin aux listes d’attente. Ces hôpitaux ont été de même témoins de nombreuses opérations chirurgicales délicates.

Chiffres indicateurs
– Hausse du nombre des hôpitaux universitaires de 88 en 2014 à 120 en 2023
– 321250 médecins travaillant dans les hôpitaux universitaires
– 20 millions de LE, le coût de nouvelles cliniques à l’hôpital d’Abou Al-Rich et 536 millions de LE, le coût de l’hôpital national d’oncologie
– 635 millions de LE, le coût de réaménagement de l’hôpital universitaire de Tanta
– 204 millions de LE, le coût de construction d’un nouvel hôpital universitaire à Minya
– 1000 opérations de greffe de foie à l’hôpital universitaire de Mansoura et 57 opérations de greffe de rein à l’hôpital universitaire d’Assiout.
– 265 millions de LE, le coût de réorganisation de l’hôpital universitaire du Canal de Suez

Essor des services médicaux
Dans le secteur de la santé en général et au sein des hôpitaux universitaires en particulier, un essor est palpable durant les années écoulées. Le ministère de la Santé déploie des efforts pour la promotion des services médicaux prestés aux citoyens et la modernisation des systèmes régularisant le travail dans tous ses secteurs.
Par Ingi Amr
Selon un rapport publié en janvier dernier, les hôpitaux universitaires ont reçu 20,1 millions de patients dans leurs cliniques externes en 2022. Les services d’urgence ont également reçu environ 3,5 millions de patients.
L’efficacité de 120 hôpitaux universitaires a été améliorée. 70 parmi ces installations offrent des services médicaux diversifiés comprenant: des cliniques externes pour toutes les spécialités, ainsi que la dentisterie, la physiothérapie, la dialyse, l’endoscopie digestive et l’endoscopie chirurgicale.
Les meilleures pratiques mondiales sont adoptées dans le domaine des soins thérapeutiques en vue d’augmenter les indicateurs de convalescence et prévenir les maladies transmissibles et non-transmissibles.
Des efforts sont également déployés pour améliorer la performance des équipes médicales, au niveau scientifique, technique et matériel et échanger les expertises dans les domaines des recherches et de fournir le matériel nécessaire aux hôpitaux.
D’ailleurs, dans le but d’améliorer la performance des hôpitaux, un mémorandum a été signé entre le ministère de la Santé et le groupe Elevate Health Care. Ont signé le document le ministre adjoint de la santé pour les projets et les initiatives relatives à la santé publique, le PDG d’Elevate Health Care et le représentant juridique du Centre de lutte contre le cancer Gustave Roussy.
Cela qui s’inscrit dans le cadre de la vision de l’Egypte destinée à améliorer le secteur de la santé, contribue à renforcer le partenariat entre les secteurs public et privé dans les activités d’intérêt commun, dont la gestion des hôpitaux et les services de santé publics.
Sécurité du patient
Une unité de la vigilance pharmaceutique a été créée afin de garantir la sécurité du patient, d’optimiser l’efficacité des médicaments et de réduire leurs effets secondaires inconnus, a affirmé le conseiller du président des affaires de santé et de prévention, Mohamed Awad Tagueddine.
Dans une déclaration, Taguedine a indiqué que la vigilance pharmaceutique visait à anticiper les problèmes ou effets secondaires des médicaments, faisant état d’effets non-inscrits sur les pamphlets et de la nécessité de les signaler.
Cette unité sera donc l’intermédiaire entre l’Autorité égyptienne du médicament, les hôpitaux et sera responsable de communiquer à l’autorité les effets secondaires inconnus des médicaments.

Davantage de progrès
Le président Abdel Fattah Al-Sissi a récemment ordonné d’accélérer la mise en œuvre du grand projet national visant à développer la zone des hôpitaux universitaires d’Ain Chams. Le but est que ces hôpitaux soient transformés en une cité médicale internationale.
L’objectif de l’État est de fournir des services médicaux distingués et durable à tous les Égyptiens. Il est également question de développer le climat de la recherche scientifique médicale et de renforcer le rôle de l’Égypte en tant que phare scientifique et médical dans la région.
Puisqu’il est question de progrès, il faut mentionner les chirurgies effectuées à l’hôpital universitaire d’Ain Chams avec l’assistance d’un robot. Environ 25 chirurgies robot-assistées ont été effectuées en 2021. Toutes les opérations ont été un succès.
Quant au domaine de la transplantation, l’Autorité publique des soins de santé et superviseur général des projets de la couverture sanitaire universelle et de “Vie décente” au ministère de la Santé et de la Population, Ahmed Al-Sobky, avait visité, en août, la cité médicale turque Başakşehir Çam and Sakura City Hospital à Istanbul, en Turquie.
« Nous étudions la possibilité de nouer un jumelage entre les centres de transplantation d’organes de Başakşehir Çam et les centres médicaux spécialisés pour la transplantation d’organes dans les hôpitaux de l’Autorité publique des soins de santé », a souligné le responsable dans un communiqué. Tant de progrès ont été réalisés dans le dossier des hôpitaux universitaires. Encore plus est à l’horizon.