Le ministre du Tourisme M. Ahmed Eissa, a inauguré il y a quelques jours, la mosquée de Soliman al-Khadem, connu également sous le nom de Sareyt al-Gabal, située à l’intérieur de la Citadelle de Saladin, et ce après sa restauration. Y a accompagné le Secrétaire général du Conseil suprême des Antiquités (CSA) Dr Moustafa Waziri.
A l’issue de l’inauguration, le ministre a fait un tour à l’intérieur de la mosquée et à ses alentours pour voir les travaux de restauration qui ont été effectués. Il a de même apprécié les efforts déployés par l’équipe du travail en qualifiant cette inauguration d’une grande valeur, surtout que cette mosquée présente une partie importante du patrimoine de l’Égypte. Le ministre, a en effet, annoncé que l’inauguration de la mosquée est considérée comme un grand investissement dans le domaine du tourisme, puisque cela contribuera à présenter une expérience unique aux touristes, et cela s’inscrit dans le cadre de la volonté de l’État à augmenter le flux des touristes dans les différents sites touristiques, surtout après la pandémie du Covid-19.


Lors du tour dans la Citadelle, le ministre a inspecté la zone des services des visiteurs aux alentours de la Citadelle, actuellement en restauration. Il est prévu que cette zone renfermera quelques bazars, cafés et un garage.
D’ailleurs, les travaux de restauration, qui ont compris une restauration architecturale méticuleuse, ont commencé en 2018 sous la supervision des secteurs des projets et des antiquités islamiques, coptes et juifs au CSA, dans l’optique de permettre à la mosquée de retrouver sa splendeur et son état d’origine. Selon Waziri, le projet de restauration a duré cinq ans avec un coût estimé à cinq millions de Livres égyptiennes.
Les travaux comprenaient aussi l’enlèvement de la couche de boue sur les murs de la mosquée, l’achèvement des travaux de restauration des fenêtres en bois, ainsi que le traitement et l’isolement des ornements de cuivre, et l’entretien du marbre de sol.
Pour sa part, le brigadier Hécham Samir a signalé que la restauration a renfermé des travaux de consolidation structurelle, de restauration architecturale et méticuleuse, dont le plus important est le traitement, le nettoyage, l’isolation des façades en pierre, ainsi que la restauration des minarets.
D’ailleurs, l’équipe de restaurateurs a également rénové les éléments décoratifs de la mosquée, le revêtement en marbre des murs, ainsi que le renforcement et la rénovation des 23 dômes dans la cour, et dans le mausolée. Le système d’éclairage a été développé à l’intérieur de la mosquée et dans le Kuttab. Quant au mausolée, la restauration a renfermé les ornements colorés à l’intérieur des dômes de mausolée, la réhabilitation des façades et le nettoyage de couches de boue sur les murs, ainsi que la rénovation de marbre du mausolée, et la salle de la prière et le minbar.


Concernant l’histoire de la mosquée, elle est située au nord de la Citadelle. Elle fut la première mosquée conçue sous le style ottoman en Égypte. En 1528, Soliman Pacha a décidé de bâtir cette mosquée au lieu des vestiges d’une autre détruite construite par le gouverneur d’Alexandrie Abou Mansour Qosta en 1141, pendant la période fatimide. Il l’a entièrement rénovée et reconstruite sous le style ottoman, semblable à la mosquée Süleymaniye d’Istanbul.
Ce style se caractérise par les dômes et les demi-dômes surmontés par des minarets. Aussi, les murs à l’intérieur de la mosquée sont couverts par des carreaux de céramique.
La façade principale de la mosquée renferme une entrée proéminente précédée par un escalier en pierre menant à une entrée extérieure.
Quant au minaret, il est situé à gauche de la façade, et il se compose d’une base carrée aux angles surmontée d’un cylindrique entouré de deux balcons en bois, dont chacun repose sur trois rangés de muqarnas. Le minaret se termine par un sommet conique pointu en forme de crayon. Le dôme central de la mosquée est recouvert de carreaux de céramique verte.
Le plan horizontal de cette mosquée se compose d’un lieu de prière, couvert d’un dôme central entouré de demi-coupoles, et précédé d’une grande cour carrée ouverte entourée de quatre colonnes couvertes de petits dômes.
Le lieu de prière se compose de deux iwans. Le premier est la qibla iwan qui se trouve au sud-est. Celle-là est surmontée d’un mihrab avec une façade voûtée et ornée de décorations en marbre coloré. Ce premier iwan contient des inscriptions avec des versets coraniques, en plus du nom du Sultan Soliman Pacha.


Les murs de la mosquée sont recouverts en marbre coloré, surmontés d’une bande d’inscription. Cette dernière est gravée en noir sur marbre blanc, et contient des versets coraniques en écritures coufiques. Cette méthode de décoration, qui est apparue à la fin de l’ère mamelouke, consiste à graver les motifs dans le marbre puis à les colorer. Le dôme de la mosquée, ainsi que les demi-dômes qui l’entourent, sont décorés par des motifs floraux et d’inscriptions en écriture de thuluth. Le sol de la mosquée est orné par des décorations géométriques en marbre. Notons que la mosquée a été enregistrée parmi les monuments islamiques, dépendant du Conseil suprême des Antiquités en 1951.