Prénom : Saja
Nom : Mohamed
Âge : 12 ans
Année scolaire : 6ème primaire
Ecole : Saint Vincent de Paul
Cela fait un moment que ma vie est emplie de joie, mais j’ai compris que la vie n’est pas seulement faite de bonheur; elle est aussi tissée de tristesse. Malheureusement, je me retrouve à nouveau seule, abandonnée dans la rue.
Après la mort de mes faux parents, l’avocat m’a annoncé que je ne recevrais rien de leur héritage. J’étais comme une âme en peine, errant dans les rues, assise sous un carton froissé alors que la pluie tombait à torrents. Les chiens errants rôdaient à mes côtés, et l’odeur des déchets m’entourait.
Le trottoir était mouillé et couvert de saleté. Malgré tout, je continuais à écrire dans mon journal :
Cher journal,
Tu es mon seul compagnon dans cette vie. Je suis faible et ballottée par les épreuves. Mon sang s’épuise et je ne peux plus écrire. Je suis épuisée par cette existence qui semble ne jamais vouloir se terminer. Je suis dans la rue et je peux à peine dormir.
Mes derniers mots…
Lors du repas, je n’ai rien trouvé à manger. J’ai dû me résigner à fouiller dans les ordures. Je tire le diable par la queue. Ce qui me reste, c’est un demi-cœur que ma mère m’avait offert avant de mourir. J’ai eu l’idée de le vendre pour acheter quelque chose à grignoter.
En me dirigeant vers le bijoutier, je me suis perdue jusqu’à ce que je croise un homme grand et sage. Sa voix était douce et calme, sa barbe longue et blanche comme neige. Il portait des vêtements amples qui semblaient flotter autour de lui. Cet homme m’a aidée à retrouver le chemin du bijoutier.
Je lui ai demandé de m’attendre dehors. À l’intérieur du magasin, j’étais éblouie par les bracelets en or et les colliers en argent scintillants. J’ai demandé au bijoutier de vendre le seul bien qui me restait. Il a pris le collier et l’a jeté devant moi en affirmant que je l’avais volé.
Rapidement, j’ai saisi le collier et suis sortie en courant. À ce moment-là, tout est devenu noir; je me suis évanouie sur le sol.
Quand j’ai repris connaissance, un agent de police se tenait près de moi, inquiet et curieux de savoir ce qui s’était passé. Je me suis levée péniblement et ai fait quelques pas en silence.
La voix de ma mère résonnait dans mon cœur, chantant “Je suis malade” de Dalida. J’ai commencé à chanter en pleurant; mes mots étaient puissants et chargés d’émotion. Je chantais pour exprimer ma douleur et ma tristesse. À cet instant précis, j’avais besoin d’un peu d’amour, d’un brin de miel.
Des larmes brillaient dans les yeux de l’agent alors que ma chanson emplissait l’air d’une mélancolie palpable. Mais après cette performance cathartique, je suis tombée au sol une fois de plus. Ils ont découvert que j’étais morte.
Ils ont tenté tout ce qu’ils pouvaient pour me sauver, mais il était déjà trop tard.
C’est ma fin….