La restauration d’un monument historique nécessite un savoir-faire spécialisé. Le restaurateur doit avoir un arrière-plan à la fois archéologique, historique, architecturel et parfois géologique.
Mme Azza Fathy, directrice du département de restauration au musée égyptien de Tahrir raconte au Progrès Dimanche, les travaux du département.
Restaurer un monument historique est une démarche longue et minutieuse qui peut durer plusieurs mois. Cette opération nécessite une équipe de restaurateurs spécialisés ainsi qu’un budget important. Pourquoi restaurer un monument et comment la décision est-elle prise ? Au début, il faut savoir qu’on restaure un monument pour sauvegarder notre histoire et notre patrimoine et le transmettre aux générations futures.
« Chaque pièce est restaurée selon son matériel et son dommage. Différents sont les moyens de restauration, par exemple, lorsqu’une pièce est séparée, elle a besoin donc d’être rassemblée. Si une autre pièce souffre de fissures, on l’injecte par des matériels spéciaux. », explique Mme Azza.

Au premier plan, le département de restauration s’intéresse essentiellement aux pièces exposées dans le musée, et dans ses dépôts, puisque c’est un département qui se trouve à l’intérieur du musée. Les branches de restauration renferment essentiellement les objets en métaux, tissus, bois, papyrus et rocher. Avec 27 restaurateurs, le département travaille sans arrêt, soit à l’intérieur ou à l’extérieur du musée, les restaurateurs sont prêts pour toute occasion. « Parfois, un autre musée demande le détachement d’un restaurateur, spécialisé aux métaux comme le bronze ou le cuivre. » Selon Mme Azza, les pièces à l’intérieur du musée sont soumises à la maintenance périodique. « Si on remarque un petit endommagement sur l’objet ou dans la vitrine, on s’interfère immédiatement. Parmi les pièces qui peuvent être endommagées, il y a les vitrines. Ces dernières renferment un « DataLocker » ou un baromètre pour mesurer la température et l’humidité à l’intérieur de la vitrine. La température de chaque pièce a besoin d’être précisée : Si l’objet est fabriqué de tissu, la température et l’humidité doivent être fixées à 22 degrés et les pierres à 42 degrés », a-t-elle dit.
Concernant les expositions, le département de restauration se prépare pour les expositions au moins trois mois en avance. « Citant par exemple, l’exposition de « Ramsès et le trésor de Tanis », qui était organisée aux Etats-Unis, en novembre dernier. Toutes les pièces participantes sont examinées avant l’exposition, puis emballées et déplacées du département. A leur retour, elles sont aussi réexaminées pour se rassurer qu’elles sont saines et sauves. », a-t-elle renchérit avec certitude.
Parmi les pièces restaurées, le portail de la tombe de Nefr Maât, datant de l’Ancien Empire. Situé à l’entrée du couloir de l’Ancien Empire. Cette est composée de six panneaux de grandes tailles. « Six restaurateurs ont ainsi entamé le travail pour trois mois. Ils ont nettoyé la surface du portail avec des matériaux spécifiques de toutes poussières, ensuite ils ont mis un mélange de trois matières sur la surface. », a-t-elle expliqué.
Certes, la science de la restauration est développée. Le département fait recours maintenant à des matières plus sophistiqués et extrêmement modernes. « Auparavant, on utilisait des matières difficiles à enlever, de nos jours, on utilise des matières qui peuvent être remplacées et modifiées. Les sarcophages en bois sont restaurés par les cires, qui avec la chaleur et l’humidité et après des années causent de la moisissure. Maintenant, on remplace cette matière par une nouvelle technique appelée « Micro Ballon », une qui peut supporter les éléments d’érosion, de chaleur et de l’humidité.
Le département renferme des appareils de X-Ray qui peuvent analyser les substances de chaque objet pour faciliter la mission de la restauration.