Si le développement du char à l’âge du bronze se poursuit à des fins militaires, il constitue alors aussi un moyen pour les élites d’affirmer leur statut social, comme avec les 4×4 aujourd’hui. Les chars égyptiens étaient fabriqués à partir d’un plan en forme de D. Les deux chevaux sont à bonne distance de la caisse. Celle-ci étant ouverte sur l’arrière, ilfallait avoir les jambes solides pour rester debout et ne pas chuter. On estime la vitesse à laquelle devait filer le char égyptien à 38,5 km / heure.
Signe extérieur de richesse
Par Marwa Mourad
Les SUV et autres 4×4 sont la catégorie de voitures pour particuliers dont les ventes ont le plus progressé ces dernièresannées. Aujourd’hui, une récente étude menée sur les tout premiers véhicules de l’humanité, révèle que cette mode a peut-être des racines anthropologiques. Conçus à l’origine pour les champs de bataille, les chars de l’Orient ancien ont en effetrapidement conquis les élites de l’époque qui se sont empresséesd’adopter ce nouveau moyen de transport prestigieux. Ce véhicule de combat alliait avantageusement technologiemoderne, polyvalence d’usage, confort et haut degré de prestige. Sans oublier son aspect purement divertissant. Des reproductions de chars antiques ont montré qu’ils pouvaientatteindre la vitesse, jusque-là inimaginable, de 40 km/h.

Des jantes en cuir
Si la caisse en bois courbé peut supporter deux personnes, le cocher et le tireur, c’est parce qu’elle repose sur un essieurévolutionnaire. Celui-ci est muni de deux roues high-tech, avec quatre à huit rayons selon le modèle. Ces rayons sontconfectionnés à partir de deux pièces en bois formant un V. Les jantes, enroulées de lanières de cuir brut, fonctionnent comme de véritables pneus.
Des chevaux sous contrôle
Une bride en cuir et un mors maintiennent la tête des chevauxvers le bas et leur poids vers l’arrière. De la sorte, le char est plus maniable. Les harnais étaient également équipés de “molettes de freinage”, des baguettes en bois d’une soixantaine de centimètres munies d’une roue à pointe en cuir permettant de stopper les étalons.

Un système anti-renversement
Sous la caisse, le timon, une longue pièce en bois, s’insère dansl’essieu (qui relie les roues entre elles). Les fabricants du char ont ménagé du jeu dans l’emboîtement de ce timon, afind’amortir les chocs. C’est un dispositif anti-retournement, qui agit comme la suspension d’un véhicule moderne.
Des bois de première qualité
Les chars égyptiens sont réalisés à partir de bois choisis pour leurs propriétés (flexibilité, solidité…). Le frêne et l’orme, qui se fendent difficilement, étaient importés et constituaient des essences de choix pour les moyeux (pièce du milieu de la roue). Lorsqu’il s’agissait de chars d’apparat, le bois était recouvert de cuir, et même de feuilles d’or.