








Lorsque le Ramadan déploie son voile de sérénité sur l’Égypte, les nuits s’illuminent d’une effervescence culturelle unique. Entre la rupture du jeûne et les prières nocturnes, les rues vibrent au rythme des scéniques réinventent les légendes du passé. Plus qu’un simple divertissement, ces soirées culturelles du Ramadan sont une célébration de l’identité égyptienne, une transmission d’histoires et d’émotions qui résonnent au cœur des générations.
Sous le ciel étoilé du Caire, dans l’effervescence spirituelle et artistique du mois sacré, le théâtre Al-Samer à Agouza a vibré au rythme d’une nouvelle nuit culturelle et musicale. Mercredi soir, une fresque envoûtante de chants et de danses a embrasé la scène, dans le cadre des Nuits artistiques et culturelles du Ramadan, un événement organisé sous l’égide du ministère de la Culture, dirigé par Dr Ahmed Fouad Hanno, et orchestré par l’Autorité générale des Palais de la culture, présidée par le général Khaled Lebban. Ce festival, qui se poursuivra jusqu’au 21 Ramadan, promet une immersion profonde dans les arts populaires et le patrimoine musical égyptien.
Placées sous la supervision de l’écrivain Mohamed Abdel Hafez Nassef, vice-président de l’Autorité, ces soirées ont accueilli une pléiade de figures artistiques de renom, dont Ahmed El-Shafie, président de l’administration centrale des affaires artistiques, Dr Walid El-Shahawy, directeur général de l’administration de la musique, ainsi que les artistes Mohamed Haggag et Khaled Mahrous, et l’ingénieur Mohamed Gaber, directeur du Théâtre Al-Samer.
Un voyage musical entre tradition et émotion
Les festivités ont débuté avec un spectacle enchanteur de l’ensemble du Nil pour la musique et le chant populaire, dirigé par Manal Ibrahim. Les spectateurs, transportés par la puissance évocatrice des mélodies traditionnelles, ont repris en chœur des titres emblématiques du patrimoine égyptien : Salli ‘ala an-Nabi, Lamaya Ya Lamaya, Nakhil ‘Ali, Habibi Ya Waladi, ‘Am Ya Gamal, et bien d’autres perles du folklore. Un interlude instrumental a permis aux musiciens d’exprimer, par des solos vibrants, l’âme des instruments populaires.
L’ambiance est montée d’un cran avec la performance ensorcelante de la troupe folklorique de Sohag, dirigée par Mohamed Al-Raz. Dans une explosion de couleurs et de mouvements, les danseurs ont exécuté des tableaux inspirés des traditions de Haute-Égypte : Al-Souhageya, Al-‘Aarif Billah, At-Tanoura, Fan al-Murabba’, Ar-Rababa et At-Tahtib. La voix du chanteur Issam Abdullah a ajouté une touche de solennité et d’émotion à ces scènes vivantes du patrimoine nubien et bédouin.
Puis, la spiritualité a pris le relais avec la prestation de l’Association égyptienne de l’Inshad religieux en Autriche, venue spécialement de Louxor sous la direction du munshid Hussein El-Bayoumi. Le public, en communion totale, a repris en chœur des chants mystiques emplis de ferveur : Salli Yâ Rabbi wa Sallim, Qamarun, Al-Misk Fâh, et l’émouvant Wallahi Binehibbak Wallahi Binridak.
Un festival au cœur du Ramadan
Ces spectacles, organisés par les départements des festivals, de la musique et des arts populaires de l’Autorité générale des Palais de la culture, sont accessibles gratuitement, offrant aux familles une oasis artistique en cette période de jeûne et de recueillement.
Le Théâtre Al-Samer s’apprête à accueillir de nouveaux spectacles inédits, notamment ceux de la troupe d’Assouan pour les arts populaires, de l’Ensemble égyptien de musique et de chant, ainsi que de la troupe d’Anfoushi pour les percussions orientales.
À plus grande échelle, un programme foisonnant a été mis en place par l’Autorité générale des Palais de la culture : plus de 1640 événements majeurs se tiendront dans 11 sites culturels centraux du Caire et des gouvernorats, dont le célèbre jardin culturel de Sayyida Zainab, le Palais de la Création Artistique du 6 Octobre, le Palais du Cinéma, et le Théâtre d’été de Tor. Parallèlement, plus de 3000 autres événements animeront les différentes régions du pays, transformant chaque coin de l’Égypte en un véritable carrefour des arts et des traditions.
En ce mois de spiritualité et de partage, ces nuits artistiques du Ramadan sont bien plus que de simples spectacles : elles sont une ode à l’âme égyptienne, à sa mémoire et à sa beauté intemporelle.