Par Samir Abdel-Ghany
Sur sa page personnelle, l’artiste exceptionnelle Nagat Farouk a écrit : « Le dernier jour de mon exposition *Entre Transparence et Ombres*, je voulais partager un petit mot. L’expérience artistique est une aventure remplie de passion et d’amour. Je peins et je travaille pendant de longues heures chaque jour… parce que cela me rend heureuse et aussi différente de ce que j’étais avant. Consacrer sa vie à l’art est une bénédiction. L’art est un immense cadeau, pour moi, il est un voyage de contemplation, de guérison et de sérénité. » Sa fille, Mennat allah, a également écrit un hommage touchant : « À ma mère extraordinaire, dont l’art murmure dans les ombres et les reflets.

Ton exposition, *Entre Transparence et Ombres*, captive le monde. Chaque pièce respire une profondeur et un mystère qui nous invitent à voir la vie à travers tes yeux inspirants. Tu montres que l’art, comme la vie, est un enchevêtrement de couches, de complexités et de forces tranquilles. Je suis fière de toi et de la beauté que tu offres au monde. Je souhaite que cette exposition touche de nombreux cœurs jusqu’à son dernier jour. » Avez-vous rencontré Nagat Farouk ? C’est une femme simple, humble, aimante, éloignée de toutes les luttes de la vie. Tout ce qu’elle rêve, c’est d’un monde heureux, rempli de paix, de sécurité et d’amour.

Et parce qu’elle n’a pas trouvé ce monde, elle a décidé de le créer elle-même… avec ses pinceaux, ses couleurs, et maintenant avec une aiguille, un fil et du tissu. Elle tisse ses rêves et ses espoirs verdoyants. À propos de son dernier travail, la critique Mona Thabet écrit : « Le banquet de toiles de l’artiste Nagat Farouk est un défi : une déclaration de soi empreinte d’une joie difficile à décrire ! Elle a peint l’innocence des récits d’enfance des filles des campagnes égyptiennes. Elles sont toutes là… jouant dans l’immensité de notre printemps, loin des barrières des interdits ! Elle peint notre joie collective sous un soleil qui réchauffe notre peau et renforce notre détermination.

Les yeux noisette de ses filles sont grands ouverts sur aujourd’hui et demain. Les doigts de l’artiste nous ancrent dans ses œuvres et dans la vie, à travers son aiguille obstinée et les couleurs de son fil, point par point, en longueur, en largeur et en biais. Elle emplit la vie, laissant des espaces pour le jeu et le rêve… Ses morceaux de tissu de robes de fête témoignent de notre existence. Elle nous fait voler haut avec nos cerfs-volants, parcourir le monde, apprendre, découvrir et nous réjouir. Sous chaque toile, sa poupée en tissu observe nos envols dans l’univers, comme si nous étions ses marionnettes ! Nagat Farouk a capturé dans ses toiles les joies et les rêves de notre enfance pour qu’ils ne s’échappent jamais.

Cette exposition est un printemps de jeux, de malice et de bonheur. Cherchez l’artiste, vous la reconnaîtrez à sa simplicité, son humilité et sa ressemblance, en esprit et en apparence, avec ses filles heureuses de jouer ! C’est un art plastique vivant, vibrant et animé, une mosaïque qui immortalise l’éclat des jeunes filles et des plantes sous le soleil. » Je n’ai pas assisté à l’inauguration… Je suis venu peut-être quatre jours plus tard, et l’artiste n’était pas présente. J’ai passé du temps seul avec les œuvres, dans un dialogue silencieux et éloquent. Soudain, deux visiteurs arabes sont entrés. Ils ont parcouru rapidement l’exposition. Mais en quittant la salle, l’une des toiles les a arrêtés. Ils ont entamé une discussion, disant qu’elle leur rappelait un poème. Ils récitaient des vers tout en regardant la toile à nouveau.

Quelque chose d’invisible les a appelés à revenir. Je les observais, essayant de découvrir le secret… ou le charme… ou l’envoûtement que Nagat avait préparé pour que les gens reviennent contempler ses œuvres. Et soudain, j’ai compris, moi aussi. Là, devant moi, il y avait une jeune fille qui ressemblait à celle de mon adolescence… l’héroïne que j’avais aimée dans le cinéma et dans mes rêves. Il y avait aussi le visage de ma mère, celui de ma tante… et l’une des héroïnes des récits de ma grand-mère. Le secret, Nagat, c’est la sincérité. Le tissu, c’est nous, et le fil, un anneau de salut dans cet incendie. Dans chaque toile, Nagat a créé un univers qui nous est cher et nous a laissés chercher le nôtre. C’est pourquoi cette exposition a nourri à la fois l’âme et le regard.
