Out Al-Kouloub Al-Demerdach est la fille de l’un des cheikhs du soufisme en Egypte, fondateur de la secte Demerdachiya, Abdel Rahim Al-Demerdach. Mme Out Al-Kouloub née en 1892, issue d’une famille aisée, a reçu une excellente éducation. C’est une romancière égyptienne d’expression française. Ses œuvres nous plongent dans l’univers des femmes égyptiennes à partir de la fin du XIXe jusqu’au début du XXe siècle. Par le biais de romans solidement construits avec des histoires passionnantes, on découvre la condition féminine égyptienne dans toute sa complexité. Elle nous donne une image des femmes de tous les milieux sociaux et explore le vécu de chacune d’entre elles et leur façon de percevoir leur propre condition sans exotisme, orientalisme, sans paternalisme aucun, ce qui me ravit. Elle est décédée en 1968.

Out Al-Kouloub et son père, Abdel Rahim Al-Demerdach, ont contribué au don de l’argent nécessaire à la construction du célèbre hôpital Al-Demerdach en Egypte. En plus, le terrain sur lequel se trouve l’actuelle université Ain-Chams fait partie des dotations de cette dame vertueuse.
A côté de son éducation religieuse, Mme « Out Al Kouloub » avait une vision et un esprit ouvert. Elle était passionnée par les arts, la littérature et la musique. Elle aimait également les voyages et passait ses vacances annuelles en Europe surtout en France et en Autriche. Out Al-Kouloub rend hommage à son père : « Il a su dans sa sagesse, développer en moi l’amour de nos traditions, sans me priver des bienfaits d’une éducation moderne. »
Out Al-Kouloub est considérée comme l’une des femmes pionnières de la société égyptienne à s’intéresser à la culture et à la littérature. Elle a ouvert sa maison à tous les membres éminents de la société, hommes et femmes, pour constituer un salon littéraire connu sous son nom.
Il est bien connu que son père après sa mort lui a laissé une grande fortune. Et parmi les œuvres héritées de son père, il y a l’hôpital caritatif connu sous le nom d’hôpital Al-Demerdach. Voulant ainsi poursuivre l’œuvre caritative de son père, elle a fait don à ce célèbre hôpital de l’équivalent de 50 000 livres d’or.
Elle faisait également un don de mille livres par an à la Faculté de médecine de l’Université Ain Chams pour être consacré aux recherches menées par le Dr Paul Ghalioungui en endocrinologie.
L’Occident connaissait Out Al-Kouloub comme une écrivaine et romancière égyptienne lorsqu’elle a commencé à écrire à l’âge de quarante-cinq ans. Elle a publié son premier livre d’après la maison d’édition Dar Al Maaref en français en 1937 sous le titre « La coïncidence de la pensée ». Dans la même année, son roman « Harem » est publié chez Gallimard, la même maison qui a publié la traduction de « Al-Ayyam » ou ’’ Les jours ‘’ du Dr Taha Hussein.