Comme si c’était une fée qui donne vie aux images et aux paysages, Rania Zakaria a féminisé son pinceau. Eve s’est imposée depuis plusieurs années dans le monde de l’art plastique. Jeune femme francophone et alexandrine, Zakaria a été inspirée par des courants artistiques internationaux et a pu se forger une identité particulière dans le monde de l’art et sur la scène artistique égyptienne. A cœur ouvert, elle se livre au Progrès Egyptien révélant une passion inédite à la peinture, et un attachement hors pair au pinceau. « J’ai choisi de devenir plasticienne parce que c’est ma vraie et unique vocation », a-t-elle dit d’une voix joviale et avec un visage rayonnant tel un soleil de juin alexandrin. Elle a ajouté avec un peu de timidité : « L’art plastique vous donne l’impression que vous êtes l’auteur, le réalisateur, l’acteur. Bref, vous êtes le créateur d’un univers qui reflète votre vision ».
Reconnaissant que ce métier nécessite un effort particulier de la femme, elle a assuré que celles qui l’ont précédée lui ont pleinement frayé la voie. « Féminiser le pinceau est un chemin pavé de roses et d’embûches. Je n’ai pas craint les embûches. J’ai eu l’habitude de le faire et mon courage vient de toutes ces grandes peintres européennes qui ont décidé de briser le tabou à une époque où le travail de la femme était interdit », a-t-elle noté. Beaucoup d’artistes au féminin l’ont donc guidé dans son parcours qui demeure encore à ses débuts. Elle cite deux noms d’artistes qui sont ces idoles et qui reprennent sa vision : Elisabeth-Louise Vigée-Le Brun. Cette dernière est parmi les peintres les plus célèbres au XVIII ème siècle. Son style rococo attribue une sorte de beauté classique aux tableaux. « Vigée-Le Brun m’a inspirée autant par sa peinture, et son art que sa part sa personnalité », a-t-elle martelé. Un autre nom que Zakaria retient et qui l’inspire avec autant de force et de passion : Artemisia Lomi Gentileschi. Peintre italienne de l’art baroque, Lomi Gentileschi représente une des premières artistes qui se sont inspirées de sujets religieux ou historiques. Elle a également été parmi les meilleurs artistes femmes à savoir transposer les couleurs avec leur complexité et leur particularité. « Artemisia Lomi Gentileschi est la première artiste femme à devenir membre à l’Académie des Arts de Florence », a-t-elle renchéri avec fierté. Rania Zakari évoque surtout le rôle de son père qui l’a encouragée à poursuivre cette vocation. « Il me donnait constamment des crayons couleurs et du papier quand j’étais encore une gamine. Pour m’encourager, il n’hésitait pas à accrocher mes dessins sur les murs. Il me disait que c’était pour décorer les murs.
A l’école maternelle, j’ai eu la même chance », a-t-elle noté. Au sujet des difficultés rencontrées par les plasticiennes, Zakaria a assuré qu’il ne s’agit pas uniquement d’obstacles réservés aux femmes. « Le problème n’est ni au masculin, ni au féminin. L’idée c’est de pouvoir obtenir les couleurs à bon prix. Leur import n’est pas facile, il prend du temps et coûte bien cher pour nos budgets personnels », a-t-elle confirmé. Si une plasticienne veut réussir, rien ne peut l’empêcher. « La persévérance et l’insistance ouvrent toutes les portes closes », a-t-elle confié.
Quant à ses œuvres d’art, la jeune plasticienne alexandrine reconnaît qu’elle les chérit comme si c’était « ses enfants ». Elle reconnaît tout de même que l’œuvre la plus proche de son cœur est celle du « Jardin d’Al-Orman ». Avec son pinceau bien féminisé entre ses douces mains, Zakaria n’hésite pas à recourir aux couleurs à l’eau ou à l’acrylique. Ses couleurs préférées sont majoritaires chaudes à l’instar du marron, de l’orange ou encore du jaune, cela n’empêche qu’elle adore également le bleu. « Le contraste entre les couleurs, c’est ce qui à son avis donne vie à l’art », a-t-elle indiqué. « Pour moi, l’art a un message : refléter la joie et le bonheur et les voir dans les yeux de mon public. Je souhaite que mes peintures expriment l’impact du lieu sur ma personnalité ou sur ma vision sans explication. Je suis heureuse lorsque mon public ressent de la joie ou une sorte de chaleur à travers mes peintures », a-t-elle expliqué. Des ambitions, elle en a beaucoup comme le fait de représenter l’Egypte à l’étranger en tant qu’ambassadrice de l’art et en tant que jeune femme artiste.
Même si Zakaria a fait des études d’ingénierie, elle a continué tout au long de sa vie d’améliorer ses capacités et compétences artistiques. « Les artistes sont exactement comme les athlètes, si nous arrêtons de faire travailler les muscles, nous perdons tout », a-t-elle indiqué. Entre ses rêves, son parcours et ses ambitions, la jeune artiste prévoit bien de continuer à participer à plusieurs expositions durant la saison estivale et souhaite continuer à séduire les yeux de son public.