Le roman-mémoires, genre littéraire apparu au XVIIIe siècle, pourrait se définir de la sorte : un roman fictif, mais se faisant passer pour vrai à travers le récit, sous la forme de mémoires, de l’histoire d’un narrateur qui raconterait sa vie.
Le Paysan parvenu

Venu à Paris de sa Champagne natale, brillant de jeunesse et de santé, Jacob découvre auprès de jolies femmes le plaisir de vivre et le fait découvrir à une dévote un peu mûre qui a préservé pour lui ses succulences. Le garçon s’émerveille devant le monde ouvert à sa faculté de bonheur : peut-on se raffiner sans se corrompre, séduire sans être trompeur, s’enrichir sans être injuste et parvenir sans être intrigant ? L’ardeur d’exister et l’appétit de jouir garderont-ils leur innocence ?
Mémoires d’un juge trop indépendant

Boulin, Urba, Elf, les frégates de Taïwan, Clearstream, Kerviel, Cahuzac, Karachi, Balkany… Le juge Van Ruymbeke a instruit pendant plus de quarante ans les grandes affaires financières qui ont secoué notre République. Tenace et libre, il est la figure emblématique de la lutte anticorruption.
Dans ces mémoires vibrantes, animé par sa si chère indépendance, il raconte la manière dont il s’est attaqué aux sphères du pouvoir et au financement illégal des partis politiques. Engagé dans la lutte contre les paradis fiscaux, Renaud Van Ruymbeke fait des propositions pour traquer l’argent sale et réformer durablement la justice française.
Voici le parcours d’un homme déterminé à se battre pour une justice égale pour tous.
Mes vieux papiers

“La lecture des gazettes est la prière du matin des réalistes », disait Hegel, le philosophe à cause duquel mon fils aîné (26 ans) renonça à la philosophie pour vendre des cigarettes électroniques. Il y a eu beaucoup de jours dans ma vie où je me suis levé exprès à l’aube pour acheter les journaux, même quand il n’y avait aucun texte sur moi ou de moi dedans. J’ai publié mon premier article (dans Le Quotidien de Paris) l’année où j’ai publié mon premier roman (au Seuil) : 1974. J’ai toujours fait attention à ce que j’écrivais dans la presse, parce que je lisais la presse avec attention. J’ai écrit dans presque tous les journaux que je lisais, donc dans presque tous les journaux. Cela a formé, avec le temps, une sorte de journal extime dans lequel le plus clair et le plus sombre de ma vie sont conservés. Peut-être me suis-je davantage confessé, au sens chrétien comme au sens sadien du terme, dans les quotidiens et les hebdos de mon pays que je ne l’ai fait dans mes romans de mœurs exotiques et aventureuses. Mes vieux papiers couvre les années 1980 et 1990 que j’ai traversées, pour mes patrons de l’époque — Roger Thérond de Paris-Match, Bernard Chapuis de Vogue Hommes, François Cérésa de Télé Obs, Jean-Edern Hallier de L’Idiot international, etc. –, avec la curiosité ardente et parfois avinée et la méchante désinvolture propres à beaucoup de jeunes écrivains de l’époque, quand la morale était encore dans les chaussures et que seules deux choses nous indignaient : le manque d’esprit et l’absence de cœur.” PB
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps

C’est l’histoire d’un amour intense, absolu, trop bref, qui inspira quelques-uns des plus beaux poèmes de la langue française. Elle, c’est Léopoldine, l’enfant chéri de l’immense Victor Hugo. Lui, le grand poète, adore sa fille, qui lui rend son amour jusqu’au jour fatal de septembre 1843 où elle se noie dans la Seine, à Villequier, avec son jeune époux. Brisé de douleur, Hugo ne se résout pas au silence. Il s’obstine à dialoguer avec Léopoldine, lui adresse des vers sublimes, organise des séances de tables tournantes, afin de s’entretenir avec le fantôme de sa fille bien-aimée… Ce livre est le récit de cette passion déchirante. On y découvre, au passage, une Léopoldine inconnue, attachante, à la fois exaltée et étouffée par son tête-à-tête avec son père – qui symbolisera longtemps l’esprit romantique dans ce qu’il a de plus pur.