Exaspérés et sonnés: à la frontière avec les Etats-Unis, les habitants de Windsor, ville industrielle jusqu’ici en plein essor, sont sous le choc mardi après la confirmation de l’imposition par les Etats-Unis de droits de douane et se préparent à des “temps difficiles”.
“C’est de la merde”, lance avec colère Jessica Dame. Avec les droits de douane maintenant en vigueur de 25% sur les produits canadiens, le président américain est en train “de bousiller l’économie des autres”, s’offusque auprès de l’AFP cette trentenaire énergique.
Comme tous les habitants de cette ville rencontrés par l’AFP mardi matin, elle scrute l’actualité depuis plusieurs jours, inquiète de l’impact des tarifs douaniers sur la relation entre les deux pays, mais aussi sur l’économie.
Lundi, Donald Trump avait douché les derniers espoirs canadiens d’éviter une guerre économique avec son premier partenaire. Dans la nuit de lundi à mardi, les droits de douane sont devenus une réalité.
Robert Pikata, un employé de la commune de 250.000 habitants, installée sur la frontière à quelques encablures de Détroit aux Etats-Unis, estime qu’une guerre commerciale “va affecter notre niveau de vie ici à Windsor”.
L’homme de 60 ans, en habit de travail portant le logo de la ville, est ébranlé de voir que la menace de Donald Trump est finalement devenue réalité. “Je suis à la fois déçu et effrayé par l’inconnu. Je me demande comment ça va m’affecter personnellement, mais aussi ma famille et mes amis”, dit-il.
Toute la ville tourne autour de l’industrie automobile et la crainte est maintenant de voir les usines fermer, des sous-traitants mettre la clé sous la porte dans la foulée. Et donc des milliers de licenciements.
“Si l’industrie automobile s’effondre”, le reste “s’effondrera avec”, craint-il, évoquant notamment une baisse possible du prix des maisons. “La valeur de ce qui nous entoure est basée sur l’industrie automobile”, explique-t-il.